Le pari architectural du futur Hôpital Privé de Moselle : « Nous voulions un hôpital qui n’en soit pas un »

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Implanté sur une ancienne friche industrielle à Maizières-lès-Metz, le futur Hôpital Privé Elsan Terres de Moselle incarne une nouvelle manière de concevoir les établissements de santé. Ce projet d’envergure, qui vise à réunir les activités de deux sites existants : l’Hôpital-Clinique Claude Bernard à Metz et la Clinique Notre Dame de Thionville s’inscrit à la fois dans une logique territoriale, environnementale et médicale. Porté par Gabriel Giacometti, directeur de programme, il a été conçu en collaboration étroite avec les équipes de l’agence AIA Life Designers, représentées notamment par Stéphanie Allard, directrice de projet, et Guillaume Pakey, architecte associé et directeur d’agence.

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Des bâtiments structurés autour d'un parc.

Ce projet d’envergure vise à réunir les activités de deux sites existants : l’Hôpital-Clinique Claude Bernard à Metz et la Clinique Notre Dame de Thionville.

Le parc fait office de jardin thérapeutique, de parcours de marche, de régulateur thermique et de salle d’attente bucolique.

L’objectif est qu’en entrant dans le hall, on ne se sente pas dans un hôpital.

Orientation, surfaces vitrées, patios et espaces tampons ont été pensés pour favoriser une régulation thermique naturelle.

En plaçant l’idée d’une « destination nature » au cœur de la conception architecturale, cet établissement de nouvelle génération se dessine comme un lieu de vie, où l’architecture s’affirme comme un véritable partenaire du soin.

Une vision née d’un contexte inédit

Le projet a pris forme en pleine crise Covid, dans un contexte qui a bouleversé les pratiques et les attentes. Gestion des flux, séparation des patients, accès à la nature, qualité de l’air, mais aussi conditions de travail des soignants sont devenues des priorités. 

Face à ce constat une volonté simple mais exigeante est venue diriger l’origine du projet : « Je voulais un hôpital qui n’en soit pas un. Je souhaitais vraiment rompre avec l’image hospitalière souvent perçue comme froide, complexe et anxiogène. » explique Gabriel Giacometti. 

Côté architectes, cette situation a ouvert un champ d’exploration inhabituel : « On nous a demandé de faire un concept-car sur l’hôpital du futur. La méthode elle-même sortait des standards : nous avions des échanges réguliers avec la maîtrise d’ouvrage avec une co-conception progressive et une vision qui se précise au fil du dialogue. On a fini par partager une vision commune, celle dans laquelle un élément s’est imposé rapidement comme structurant : la nature », explique Guillaume Pakey.

La nature et l’organisation comme leviers du parcours de soin

L'hôpital est construit autour d’un grand parc central dont le rôle est majeur. « Ce parc a été la pierre angulaire, la première pièce du projet. Il a été pensé dès le départ et ne se limite pas à un rôle esthétique : Il fait office de jardin thérapeutique, de parcours de marche, de régulateur thermique et de salle d’attente bucolique » souligne Stéphanie Allard. 
Cette approche s’appuie sur des constats désormais bien documentés. « La nature apaise et guérit. Un patient exposé à la lumière naturelle et à un environnement végétalisé récupère mieux. » rappelle Guillaume Pakey.
Concrètement, cela change profondément le vécu hospitalier. « Les patients pourront déambuler dans ce grand jardin tout en bénéficiant de leur traitement, c’est un vrai plus pour le soin » confirme Gabriel Giacometti. 

Cette approche globale du soin intègre également les soignants. « Pour qu’un patient soit bien soigné, il faut que le soignant se sente bien lui-même bien » rappelle Stéphanie Allard. En offrant des espaces lumineux, ouverts sur la nature, le projet contribue à améliorer leurs conditions de travail et leur capacité à prendre en charge les patients.

En parallèle, l’organisation du bâtiment repose sur un modèle pavillonnaire qui structure les parcours : « Chaque fonction a son pavillon avec des entrées et flux séparés : consultations, ambulatoire, hospitalisation. Cette segmentation permet de clarifier les circuits, de mieux orienter les patients et de simplifier le travail des équipes » précise Stéphanie Allard. 
« Avec cette configuration, les architectes ont su parfaitement retranscrire nos attentes en matière de flux » confirme Gabriel Giacometti.

Une expérience pensée pour réduire le stress et redonner de l’autonomie

Au-delà de l’organisation, le projet a la volonté d'agir sur un élément souvent invisible mais déterminant : le ressenti des patients. « L’objectif est qu’en entrant dans le hall, on ne se sente pas dans un hôpital. » observe Guillaume Pakey.

L’architecture devient ici un outil pour réduire le stress à chaque étape du parcours. Lumière naturelle, transparence, matériaux chaleureux comme le bois : tout concourt à créer un environnement apaisant. Cette attention se prolonge jusque dans les espaces techniques. « L’idée, c’est de faire baisser le stress dès l’arrivée dans l’établissement. Par exemple, l’attente elle-même est réinventée. Le parc est un peu comme une salle d’attente bucolique, les patients peuvent y rester jusqu’à ce qu’on les avertisse, à l’aide d’une application dédiée, qu’il est l’heure de monter en consultation. Ça évite les salles d’attente anxiogènes », souligne Stéphanie Allard. 

Le projet introduit aussi une évolution importante dans la posture du patient. En ambulatoire notamment, celui-ci reste acteur de son parcours. « Le patient peut rester debout le plus longtemps possible évitant ainsi une mise en position allongée sur un brancard trop précoce et anxiogène », explique Guillaume Pakey. Ce détail architectural et organisationnel participe à une prise en charge plus respectueuse et plus humaine.

Un hôpital pensé comme un écosystème durable et évolutif

L’établissement a également été pensé dans une logique environnementale forte. « On voulait inscrire ce projet dans une logique bas carbone. Ce parti pris se traduit par des choix très concrets, à commencer par les matériaux. Le recours à la pierre de Jaumont et au bois venu des Vosges permet d’ancrer le bâtiment dans son territoire tout en apportant une inertie thermique naturelle, essentielle au confort intérieur », explique Gabriel Giacometti. 
« Nous avons fait un travail approfondi sur la conception bioclimatique du bâtiment : orientation, surfaces vitrées, patios et espaces tampons ont été pensés pour favoriser une régulation thermique naturelle. Ce sont donc des espaces bioclimatiques qui permettent de limiter les besoins en chauffage l’hiver comme de rafraîchissement en été, en s’appuyant sur les propriétés mêmes du bâtiment », acquiesce Guillaume Pakey.

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Cette approche est complétée par des dispositifs techniques sobres mais efficaces : récupération des eaux de pluie pour l’arrosage des espaces verts, et production d’énergie à partir de déchets de bois issus d’un périmètre local. Une manière de réduire l’empreinte écologique tout en s’inscrivant dans une logique de circuit court.

Enfin, la clinique est pensée pour évoluer dans le temps : « Sa conception intègre dès aujourd’hui la possibilité d’extensions futures, afin d’accompagner le développement des activités médicales et l’attractivité du site sans remettre en cause son organisation initiale », explique Guillaume Pakey.

Finalement, ce projet marque une rupture. « On a un peu cassé l’image de la machine hospitalière en replaçant les usages et l’environnement au centre. C’est une réponse concrète aux défis actuels du système de santé », résume Stéphanie Allard. 

- Des architectes expliquent leur concept pour AIA Life Designer

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