Se former à la e-santé au cours d’un stage, une nouvelle piste d’apprentissage

Depuis le début de la semaine, la chirurgienne en stomatologie Solène Costantini propose aux internes de se former au numérique en santé et à l'entrepreneuriat. Une aventure intellectuelle qui s’inscrit dans l’évolution des pratiques médicales.
 

Former les internes au numérique en santé ? C’est l’objectif que s’est fixé Solène Costantini, médecin chirurgienne spécialisée en stomatologie tombée dans l’univers des start-up de e-santé. Mardi 26 janvier, elle lançait le recrutement à sa formation baptisée sobrement, Too good to learn. « Au cours d’un stage, l’idée est de permettre aux internes de s’ouvrir à la culture du numérique et de l’entrepreneuriat », nous détaille-t-elle.
 
C’est il y a seulement trois ans que la vie de cette jeune médecin a pris un nouveau tournant. « Je suis tombée dans le monde des start-up durant ma thèse de médecine sur l’apport des imageries tridimensionnelles dans les anomalies transversales des dysmorphoses maxillo-mandibulaire », indique celle qui a achevé ses trois ans de clinicat en stomatologie en décembre dernier. Une expérience inédite pour celle qui descend d’une famille de médecins qui lui a donné envie d’en savoir plus. « J’ai continué à me poser des questions, à rencontrer des gens dans le milieu de l’entrepreneuriat. J’avais vraiment envie de faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi », indique-t-elle. En parallèle de son activité dans une clinique dentaire, cette insatiable curieuse multiplie depuis les collaborations avec les start-up de e-santé. « J’apporte mon expertise sur certains dossiers à trois start-up », nous confie la jeune maman de deux enfants.
 
Un parcours original qui l’a poussé à vouloir transmettre sa passion. Depuis le début de la semaine, elle met donc en lien des internes avec des entreprises de e-santé à la recherche de stagiaires spécialisés. « C’est un stage rémunéré de six mois qui permet d’apprendre en s’amusant et en faisant », souligne-t-elle, précisant qu’il s’adresse principalement aux internes en fin de cursus. « Au lieu de faire une dispo et d’aller à l’autre bout du monde, l’interne va apprendre tous les outils du numérique et de l’entrepreneuriat en immersion dans une start-up », indique le médecin. Actuellement, c’est dans les startups Intelligence Anesthesia et AZmed qu’elle propose aux internes en anesthésie et en radiologie de faire leurs classes. Une aventure qui ne fait que commencer puisqu’elle est en train de développer ses pistes de formation en médecine générale, gynécologie ou encore pédiatrie.  
 
Au travers de cette expérience, Solène Costantini souhaite offrir une « ouverture d’esprit ». « Ce stage permet d’acquérir de nouvelles compétences sans avoir à devenir ingénieur », souligne la trentenaire. Les startups, quant à elles, y trouvent un intérêt car elles disposent ainsi d’une expertise métier sur place. Un échange de connaissances que ces médecins pionniers pourront ensuite répercuter dans leur pratique quotidienne de la médecine. « De mon côté par exemple, je devrais bientôt tester une salle d’attente virtuelle », s’enthousiasme-t-elle.
 

Ses petites annonces
 
Actuellement, Solène Costantini propose aux internes en radiologie de faire un stage de six mois dans la start-up AZmed. L’objectif de cette formation ? « Apprendre très rapidement comment détecter n’importe quelle fracture sur radio standard à l’aide de l’outil de pointe RAYVOLVE », indique-t-elle dans la fiche de poste. Et de détailler : « Apprendre à gérer la data, participer au développement de l’algorithme d’intelligence artificielle en imagerie, apprendre les outils de stratégie, business, marketing du développement d’une start up », « être formé sur les outils techniques à utiliser : Langage python, logiciel no chain, pipedrive ».
 
Autre stage, autre apprentissage. Depuis le début de la semaine, la start-up Intelligence Anesthesia est à la recherche d’un stagiaire en anesthésie. L’idée, cette fois ? « Apprendre très rapidement comment gérer l’anémie en pré-opératoire assisté par un algorithme, ou comment optimiser le dépistage du SAOS en préopératoire par le score STOP-BANG associé à un procédé de reconnaissance faciale », détaille la chirurgienne. Concrètement, il s’agit donc de « participer au développement du contenu en ligne, développement de l’application, rédaction de protocoles de recherche, algorithme en médecine pré-opératoire » et d’être formé aux outils techniques comme « Webflow, Figma, Lucidchart, Airtable ».
 
Pour plus d’informations, vous pouvez la contacter à cette adresse e-mail : solene.costantini@gmail.com. « Attention aucun bagage technologique particulier n’est demandé ! », assure-t-elle.
 

 

 

Portrait de Julia Neuville

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