Rapport OCDE : les Français trop addicts !

Les Français auraient-ils l’un des modes de vie les plus malsains de l’OCDE ? C’est l’une des tendances marquantes du « Panorama de la santé » publié le 7 novembre dernier par l’organisation. Et cela coûte trop cher à notre système de santé.

« Le tabac, l’alcool et l’obésité continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie », souligne ce rapport. Si les taux de tabagisme diminuent globalement, 25% des Français fument encore quotidiennement, contre 18% en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE. La consommation d’alcool reste aussi plus élevée dans l’Hexagone, avec 11,7 litres d’alcool pur en moyenne par habitant et par an, contre 8,9 litres dans les autres pays de l’OCDE, ce qui représente environ 100 bouteilles de vin.
Les lacunes du système de santé français en matière de prévention sont une nouvelle fois pointées du doigt. Plus de 75 000 personnes sont décédées en France en 2015 de causes de mortalité évitables grâce à la prévention, comme le cancer du poumon ou les pathologies liées à l’alcoolisation excessive.
Par ailleurs, la défiance française vis-à-vis de la vaccination continue de provoquer des décès évitables. En 2018, seuls 50% des Français de plus de 65 ans étaient vaccinés contre la grippe, contre 83% des Coréens, 73% des Britanniques ou 64% des Néerlandais.
Très préoccupant également, depuis 2011, les décès liés aux opioïdes ont augmenté d’environ 20 % dans les pays de l’OCDE et ont fait environ 400 000 victimes rien qu’aux États-Unis. Le nombre de décès liés aux opioïdes est également relativement élevé au Canada, en Estonie et en Suède. La France reste pour l’instant relativement épargnée par ce phénomène, mais les hospitalisations liées à ces consommations y ont presque triplé entre 2000 et 2017. 

La France dépense plus, mais pas efficacement

La France a consacré en 2018 11,2% de son PIB aux dépenses de santé, se positionnant ainsi parmi les pays de l’OCDE qui dépensent le plus. Alors que la moyenne des pays européens dépense 3800 USD par habitant, la France en dépense plus de 4900.
Les hospitalisations inutiles en sont l’une des raisons. Le taux d’admission évitables de personnes diabétiques en France est ainsi plus élevé que la moyenne de l’OCDE, malgré une prévalence du diabète assez faible en France. Par ailleurs, les médecins français prescrivent en moyenne 25% d’antibiotiques de plus que la moyenne des médecins de l’OCDE.
 

L’OCDE propose les pistes suivantes pour améliorer l’efficience du système de santé Français :
-augmenter les dépenses de prévention pour diminuer le nombre de décès prématurés évitables.
-optimiser la prise en charge des patients en médecine de ville, afin de soulager les hôpitaux
-mieux répartir l’offre médicale, en augmentant la densité médicale dans les zones rurales.
Pour finir sur une note positive, l’accès aux soins reste un point fort en France (89% des adultes ont accès à un médecin si nécessaire, contre 79% en moyenne dans les autres pays de l’OCDE), avec un reste à charge représentant seulement 2% de la consommation finale des ménages.
 
Sources :
http://www.oecd.org/fr/sante/les-depenses-de-sante-devraient-depasser-la-croissance-du-pib-a-l-horizon-2030.htm

 

 
 
 

Portrait de Sophie Cousin

Vous aimerez aussi

Dans le cadre du Ségur de la Santé, l'Isnar-IMG vient de publier une contribution intitulée. « Pour une reconnaissance de la pluralité des parcours...

À l’occasion du premier anniversaire du remboursement de la téléconsultation, Doctolib a invité trois médecins à parler de la téléconsultation, dans...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.