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Au total, 40,2 % des médecins généralistes ont participé au dispositif, soit 26 690 praticiens sur 66 394 mobilisables, un niveau en hausse de 0,6 point sur un an. Un chiffre que l’Ordre des médecins présente comme une « estimation minimale », le nombre de médecins réellement disponibles étant surestimé.
La couverture du territoire apparaît globalement assurée : 98 % des zones sont couvertes les week-ends et jours fériés, et 93 % en soirée (contre 97% et 93% en 2024).
Mais la situation reste plus dégradée en nuit profonde (après minuit), avec seulement 24 % des territoires couverts - en recul par rapport à 2024 (27%) - laissant subsister des « zones blanches » prises en charge par les services d’urgence.
Dans ce contexte, le rapport souligne que la permanence des soins repose toujours très largement sur les médecins libéraux, qui assurent 88 % des gardes - quelle que soit la structure - contre 6 % pour les remplaçants et 2 % pour les salariés de centres de santé .
Système en évolution, mais encore instable
L’organisation du dispositif continue par ailleurs d’évoluer : 86 % des départements ont modifié leur organisation en 2025, notamment sur les horaires ou les modalités d’accès aux maisons médicales de garde.
Le recours aux réquisitions a aussi fortement diminué, avec 415 médecins concernés dans 36 départements en 2025 contre 820 dans 38 départements en 2024. Mais ces situations persistent, en particulier lors de périodes de forte demande.
Autre point de vigilance : la régulation des soins. Selon les données de l’Assurance maladie, 41 % des actes réalisés en horaires de PDSA ne sont pas régulés, avec de fortes disparités selon les territoires et les plages horaires. Cette absence de régulation est particulièrement fréquente en soirée et le week-end.
Par ailleurs, le déploiement d’un numéro dédié à la PDSA reste limité : le 116-117 n’est utilisé que dans 26 départements (2 de plus qu’en 2024), et les acteurs demeurent divisés sur son intérêt.
Médecins plus jeunes
Le profil des médecins de garde évolue légèrement, avec un âge moyen en baisse à 44,5 ans, contre 45 ans en 2024, signe d’un renouvellement progressif. Les praticiens âgés de 35 à 59 ans représentent désormais 67 % des effecteurs. La part de femmes dans le dispositif continue d'augmenter, davantage sur le terrain qu'en régulation.
Malgré ces évolutions, l’Ordre des médecins souligne que la permanence des soins reste confrontée à des enjeux structurels, notamment une « démographie médicale fragilisée dans certains territoires, un contexte d’insécurité croissant et des distances parfois importantes à parcourir lors des gardes, en particulier pour les visites à domicile ».
L’institution rappelle que « plusieurs leviers d’améliorations » peuvent être actionnés dans les zones où ces difficultés ont été observées : transports dédiés pour les patients, implication accrue des médecins remplaçants et salariés, développement des points fixes de consultation ou encore mesure financières incitatives (défiscalisation, revalorisations…).
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