Où les Français attrapent-ils la Covid-19 ?

Personne source, comportements, lieux…. Au travers d’une étude sur les facteurs favorisants la transmission de la Covid-19, l’Institut Pasteur passe au crible les circonstances les plus à risque !
 

« Dans cette épidémie, les modes de transmission sont connus. On en sait en revanche beaucoup moins sur les circonstances et les lieux de transmission », a lâché le Pr Arnaud Fontanet, directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, durant une conférence de presse organisée le 17 décembre dernier. Un constat qui a poussé son institution, en partenariat avec la CNAM, Santé Publique France et l’Institut Ipsos, à lancer une étude d’envergure, baptisée ComCor, visant à mieux comprendre les circonstances menant le plus souvent à une contamination.
 
« 44 % des personnes infectées connaissent la personne source qui les a infectées », détaille l’étude, qui se base sur l’analyse de 30 330 témoignages recensés entre le 21 octobre et le 3 novembre 2020 – soit des contaminations ayant vraisemblablement eu lieu pendant la période du couvre-feu.
 
La famille, source importante de contamination
 
Dans 35 % des cas, ces contaminations se produisent au sein même d’un foyer. Une infection qui se transmet principalement par le conjoint (64 %). « Le fait que les enfants soient pas ou peu symptomatiques quand ils sont infectés peut expliquer qu’ils ne soient pas souvent identifiés comme personne source de l’infection. », indique tout de même l’étude, qui souligne qu’un quart des contaminations sont dues à la proximité d’un fils ou d’une fille. Des transmissions qui seraient d’ailleurs souvent liées à des mesures d’isolement insuffisantes. « On constate que des mesures d’isolement n’avaient été prises vis-à-vis de la personne source du foyer que dans 51% des cas, et dès le début des symptômes chez seulement 52% des cas », souligne les auteurs.
 
La famille en tête, le travail juste derrière
 
À noter que les contaminations hors du foyer (64,9 %) restent majoritairement causées par un membre du cercle familial. Cela n’empêche pas le milieu professionnel d’être également un vecteur de transmission : 28,8 % des répondants en ont fait l’expérience dans cette étude. Le cercle amical, enfin, arrive en troisième position (20,8 %). Que ce soit dans le cercle familial ou le cercle professionnel, la personne infectée était généralement du même sexe que le répondant. Leur dernier contact ne s'est majoritairement pas déroulé avec port du masque et s’est produit dans un lieu intérieur sans fenêtre ouverte.
 
Les repas, un moment à risque
 
Comme les autorités le répètent depuis plusieurs semaines, les repas participent fortement à la propagation de l’épidémie. Un rôle central qu’on retrouve en milieu familial, amical et, à un moindre degré, professionnel. Les contaminations interfamiliales se sont, en effet, produites dans 45 % des cas lors d’un repas organisé sans raison particulière. Les événements festifs (11,7 %) et les cérémonies de mariage, d’enterrement ou de baptêmes (2,6 %) n’arrivent qu’après.  « Il s’agissait avant tout d’une réunion en privé (97,1%) à laquelle participaient majoritairement moins de 5 personnes (63,4%) ou de 5 à 20 personnes (35,3%) », précise l’étude.
 
Dans le contexte professionnel, le lieu de contamination principal reste pour autant les bureaux partagés. Ces derniers ont donné lieu à 34,5 % des contaminations. Les lieux de restauration, quant à eux, n’arrivent qu’en seconde position même si le taux de 24,3 % demeure important. L’étude permet également de désigner les cadres administratifs et commerciaux, les ouvriers dans l’industrie, les chauffeurs ou les professions intermédiaires de la santé et du travail comme des personnes plus à risque que les cadres de la fonction publique présentant, eux, un risque moyen de contamination.
 
Le masque, un bouclier efficace  
 
Un ensemble de données qui permet également de confirmer indirectement l’efficacité du port du masque. « Une très grande proportion des circonstances de contamination qui ont été identifiées sont liées à des situations on l’on ne porte pas le masque, que cela soit au travail (au moment des pauses et du partage des repas) ou au domicile », note, en effet, le Dr Daniel Levy Bruhl, responsable de l’unité des maladies respiratoires et vaccinations à Santé publique France, qui souligne, pour exemple, que le métro ne ressort pas comme étant un facteur de risque. « Malgré la proximité qu’il peut y avoir dans le métro, cela montre bien que, quand on porte un masque, et quand on le porte correctement, on est protégé », analyse-t-il.
 
Un ensemble d’observations qui pourraient permettre, à terme, d’affiner efficacement les préconisations de prévention ! Cela, alors que le réveillon approche à grands pas…

Portrait de Julia Neuville

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