Médecins « mercenaires » : Agnès Buzyn porte plainte

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Ça chauffe entre la ministre et le SNMRH

Le Dr Lynda Darrasse, présidente du Syndicat national des médecins remplaçants des hôpitaux (SNMRH), a indiqué au « Quotidien du médecin » avoir reçu la semaine dernière une plainte ordinale à son encontre. Surprise, la plainte est signée par le ministère de la Santé.

Nous apprenons dans « Le quotidien du médecin » ce lundi qu’une plainte a été déposée à l’Ordre par le ministère de la Santé à l’encontre de la présidente du Syndicat national des médecins remplaçants des hôpitaux (SNMRH), le Dr Lynda Darrasse. Le motif ? Le ministère l’accuse « de porter atteinte à la continuité des soins », rapporte son avocat.

 

Sus au décret

 

En effet, en mars dernier, le syndicat créé le même mois a publié une liste des hôpitaux appliquant le décret 2017-1605 du 24 novembre 2017 relatif au travail temporaire des praticiens intérimaires dans les établissements publics de santé. Le décret vient encadrer à partir du 1er janvier 2018 la rémunération des médecins intérimaires.

 

Le décret abaisse leur rémunération : 1 404,05 euros brut pour 24 heures de travail en 2018, 1 287,05 euros en 2019, puis 1 170,04 euros à partir de 2020. Le syndicat a donc réagi en publiant  sa liste noire, pour inciter les praticiens remplaçants à ne pas y travailler. Une atteinte à la continuité des soins donc, pour Agnès Buzyn.

 

Des mercenaires responsables du déficit

 

Ce n’est pas la première fois que la ministre se paye le syndicat. Lors d’une séance de questions au gouvernement le 3 juillet dernier, elle avait indiqué qu’elle faisait « face à des mercenaires (…) parfois payés 2 000 euros par jour et qui sont aujourd’hui responsables en partie du déficit de petits hôpitaux périphériques » (voir la vidéo).

 

Avec sa plainte, le ministère demande à l'Ordre une suspension d'exercice de trois mois à l'encontre du Dr Lynda Darrasse, a expliqué l’intéressée au « Quotidien du médecin », qui rappelle que la présidente du SNMRH a désormais un mois pour produire un dossier de défense. Le ministère lui indique une nouvelle fois qu’il ne transigera pas, dénonçant un comportement contraire à la déontologie.

Portrait de Thomas Moysan

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