A Marseille, une expo retrace l’histoire du VIH – sida

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Non loin du Vieux-Port de Marseille, le Mucem, ouvre ses portes à la mémoire des luttes contre le VIH -sida, à travers l’exposition « VIH/sida, l’épidémie n’est pas finie ! ». Une exposition dense et émouvante qui revient sur les 40 années d’évolutions, de doutes et d’espoir.

A Marseille, une expo retrace l’histoire du VIH – sida

Pour la première fois en France, un musée national retrace l’histoire du VIH - sida à travers les premiers cas, les mouvements de luttes mais aussi à travers des témoignages. Cette expo se tient à Marseille jusqu’au 2 mai 2022, au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem).

« Cette exposition est là pour rendre hommage à toutes les luttes contre le VIH – Sida et à celles et ceux qui les ont faites », raconte Jean Marc La Piana, médecin à la maison de Gardanne. Lui se souvient de la mise en place de ce lieu qui accueillait les personnes séropositives. « Nous avons ouvert en 1994 à Gardanne parce que c’est la seule ville qui a bien voulu nous accueillir. » Aujourd’hui, il fait partie des 90 personnes issues de la société civile qui ont participé à la mise en place de cette exposition. Pour les accompagner, huit commissaires ont aussi été choisis.

Dans cette exposition au Mucem, des photos d’artistes comme celle d'Andres Serrano se mêlent aux Unes de presse qui datent des années 1980-1990. Le reflet d’une époque pas si lointaine où Libération parlait de « cancer gay ». « A travers cette exposition nous voulions poser des problèmes contemporains et intégrer le récit personnel dans le récit collectif. », souligne Françoise Loux, anthropologue et directrice de recherches au CNRS.

Les pièces exposées proviennent, en partie, d’une collecte de 12.000 objets à travers 40 pays dans les années 2000 par le Musée des arts et traditions populaires. Lors de la fermeture de ce musée et de l’ouverture du Mucem en 2013, cette histoire s’est retrouvée dans les réserves. « Nous ne voulions surtout pas faire du sida un objet de musée, souligne Vincent Douris. Nous voulions que les personnes qui voient cette exposition comprennent que ce n’est pas un objet du passé mais qu’il reste encore beaucoup de luttes à mener. Notamment pour les droits des TDS [travailleur·ses du sexe] mais aussi les personnes migrantes. »

Vient ensuite une partie qui rend hommage aux soignant·es et médecins qui ont accompagné les personnes mourant du sida dans leurs derniers instants. Les mots de Françoise Baranne, infirmière dans les années 1990, résonnent. Elle décrit dans une lettre son travail auprès des personnes qui mourraient du sida à cette époque. A côté, ce cadeau fait par la mère d’une patiente, morte depuis à cause du sida. Un pendentif en forme de cœur.

La visite se referme sur une sirène qui envahit l’espace. Une voix humaine hurle dans le musée pour rappeler l’urgence de la situation. Celle de mettre un terme à l’épidémie. Celle de dépister le plus largement possible et de permettre d’avoir accès à des traitements. Cela permettra, à terme, d’éradiquer ce virus qui continue de se propager.

 

Source:

https://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-forts/vihsida 

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