Les hôpitaux se mobilisent pour les sans-abris... un peu

Petites amabilités entre l'AP-HP et les assos

Alors que le froid s'installe, l'association Droit au logement (DAL) demande que les locaux hospitaliers vacants soient mis à disposition. « On fait ce qu'on peut », répond l'AP-HP. « Y'a encore de la place ! », insiste DAL.

La neige et les températures négatives avaient jusqu'à présent épargné les sans-abris. Mais la vague de froid qui s'installe dans le Nord de la France a fait grimper le niveau d'urgence, et les associations commencent à mettre la pression sur les organismes publics, afin de les inciter à ouvrir plus de places.

L'association Droit au logement (DAL) réclame en particulier la mise à disposition de locaux hospitaliers. Elle estime que, malgré les nouvelles places ouvertes depuis le début de l'année, il y a encore de quoi faire.

#BalanceTaRéquisition

« Avec les restructurations hospitalières, il y a beaucoup de pavillons ou d'étages inoccupés qui pourraient sans trop de difficultés accueillir des sans-abris », a déclaré à l'APMnews Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de DAL. « Certainement plusieurs milliers dans les hôpitaux, rien qu'en Île-de-France ». Pour faire entendre ce message, une marche a été organisée le 4 janvier dernier entre le Val-de-Grâce et la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Avec d'autres collectifs, dont la fédération Sud Santé sociaux, l'association a lancé la campagne #BalanceTaRéquisition. Des familles avaient également tenté, la semaine dernière, de s'installer dans des locaux en rénovation de l'Hôtel-Dieu (Paris 4e), où 300 places seraient disponibles. Ils avaient finalement été évacués par la police.

1 222 places en Île-de-France

L'AP-HP s'est défendue par la voix de son directeur, Martin Hirsch, qui oppose à la disponibilité des locaux les travaux visant à réinstaller des activités hospitalières.

Dans un communiqué publié ce lundi, elle a également rappelé les efforts qu'elle a déjà consentis, notamment depuis le début de la période hivernale, mais surtout depuis le début de l'année. En plus d'un dispositif d'accueil pour 45 femmes ayant accouché dans ses hôpitaux, mis en place à l'Hôtel-Dieu début 2017, elle a ouvert 20 places de nuit, plus 30 pour les femmes isolées. En tout, depuis début janvier, plus de 250 places auraient été ouvertes, sous la gestion de l'association Aurore.

D'après l'AP-HP, 1 222 places seront disponibles en 2018, soit près de deux fois plus qu'en 2017.

Un toit, mieux que rien

Mais les associations insistent sur le fait que les disponibilités devraient être bien supérieures. Il y a des « trésors cachés », a ainsi estimé Eric Pliez, le directeur général d'Aurore. En ligne de mire notamment, l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, dont l'avenir reste encore un mystère.

En cette période de grand froid, certains hésitent donc encore à accueillir des sans-abris dans des conditions précaires. Sud santé AP-HP a tranché. « Nous n’ignorons pas l’état de vétusté de certains de nos bâtiments. Nous continuons par contre de penser qu’il vaut mieux avoir quelque chose sur sa tête que rien ». À bon entendeur, salut !

Photo : Marie Aschehoug-Clauteaux/Flickr

Source: 

Jonathan Herchkovitch avec APM

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