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"Il n'y a pas de rationnement. L'idée, c'est de rendre obligatoire la distribution de médicaments à l'unité quand il y a tension. Mais pas tous, uniquement certains antibiotiques", a indiqué une source à l’AFP, confirmant une information de franceinfo, à l'approche de la présentation du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2024.
"Il y a aussi un intérêt de lutter comme cela contre l'antibiorésistance", a-t-elle ajouté.
Cette décision pourrait aussi contribuer à réduire le gaspillage en délivrant le nombre exact de comprimés prescrits, dans un pays où la consommation des antibiotiques reste parmi les plus élevées en Europe et qui a été confronté l'hiver dernier à des pénuries d'amoxicilline, un antibiotique tellement courant.
Ce projet laisse les pharmaciens perplexes : ils s'interrogent sur les modalités pratiques et pointent un problème de traçabilité.
"Découper les blisters (coques d'emballage, ndlr), ce n'est pas la bonne réponse. En termes de traçabilité en numéro de lot, c'est une vraie galère", estimait récemment le président de l'union des syndicats de pharmaciens d'officine (Uspo).
"Il n'y a pas de consensus sur la délivrance à l'unité d'un point de vue industriel", souligne le lobby des laboratoires pharmaceutiques (Leem).
Les conditionnements de produits pharmaceutiques sont régis par des normes strictes.
La vente des antibiotiques à l’unité a déjà été testée dés 2014
La vente à l'unité a été expérimentée en France entre novembre 2014 et 2015 pour une dizaine d'antibiotiques dans 75 pharmacies de ville, une expérience menée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
A la suite de cette expérimentation, le principe d'une dispensation à l'unité de certains médicaments, notamment les antibiotiques, a été entériné dans la loi anti-gaspillage (loi Agec de 2020) et le dispositif rendu possible à partir de 2022.
Sur la délivrance d'antibiotiques, le gouvernement veut aussi permettre aux patients d'obtenir un diagnostic en pharmacie en cas de soupçon d'angines ou de cystites, puis un éventuel traitement sans ordonnance si le test d'aide au diagnostic (Trod) s'avère positif.
L'exécutif cherche à s'attaquer aux pénuries de médicaments sur plusieurs fronts : relocalisation de la production de médicaments jugés essentiels, révision des prix de certaines molécules, meilleure gestion de stocks, etc.
Dans un entretien au quotidien économique les Echos, hier, le 19 septembre, le ministre délégué à l'Industrie Roland Lescure a fait un geste envers l'industrie pharmaceutique en annonçant un plafonnement de la contribution financière que doivent reverser les laboratoires à l’Assurance maladie lorsque leur chiffre d'affaires dépasse un seuil donné.
Mais en cas d'arrêt de la production d'un des 6 000 médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM), "l'Etat pourra demander à l'entreprise de céder gratuitement l'exploitation du médicament pendant deux ans" s'il n'y a pas de repreneur, a-t-il ajouté.
Avec AFP
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