Le smartphone au bloc, que faut-il en penser?

Les dérives des urgences 2.0

Carlos, interne dans un hôpital espagnol, a posté sur Instagram ce selfie accompagné d'un nombre impressionnant de hashtag (#chirurgie #bistouri #sexy #génial...). Et ils sont de plus en plus, en France, à suivre cette mode consistant à se prendre en photo au bloc ! Et le hashtag qui fait fureur en France, c'est evidemment #urgences.

Dans un article publié sur Medscape France, Stéphanie Lavaud s'est posée cette question : "Le portable a-t-il sa place au bloc opératoire ?". Le pouvoir addictif et distractif de l’Internet est, on le sait tous, énorme et il n’y a pas de raison que les professionnels de santé y soient moins sensibles que les autres…" explique-t-elle. "Sauf qu’à l’hôpital, et en particulier dans le bloc opératoire, la distraction est source d’erreurs potentiellement graves".

Si les interférences ont autrefois servi de prétexte pour interdire l'utilisation d'appareils électroniques dans l'enceinte de l'hôpital, aujourd'hui "tout le monde a le portable au bloc et tout le monde l'utilise", confirme Fabrice Lécuru, à la tête du service de chirurgie cancérologie, gynécologique et du sein à l'Hôpital européen Georges-Pompidou, au quotidien Le Parisien/Aujourd'hui En France. Avec le développement de la e-santé et de la santé connectée, les appli pour smartphones de traitement foisonnent. "Une étude rapporte ainsi que 66% des chirurgiens utilisent leur téléphone à l’hôpital, y compris en salle d’opération et en unités de soins intensif", ajoute Stéphanie Lavaud. 
Quand on pense smartphones au bloc, on pense aux problèmes d'hygiène qu'ils peuvent entrainer. Certaines entreprises "ont créé des pochettes qui leur sont spécifiquement destinées", ajoute la journaliste. L’accès tactile à l’écran et au clavier reste possible – même avec des gants chirurgicaux – pour visionner des radiographies". 

Mais les complications médicales ne sont jamais loin. Dans son article, Stéphanie Lavaud recense plusieurs cas, dont un, celui "d'une jordanienne chez laquelle une radiographie a révélé la présence d’un téléphone portable, pour ainsi dire "perdu" par le chirurgien dans l’abdomen de la jeune femme lors de la césarienne qu’elle avait subi quelques jours plus tôt. C’est une improbable vibration émanant du ventre de la femme qui l’avait amené à consulter".

Prenons tout de même un peu de recul ! Il est important de distinguer le problème éthique que peut représenter un selfie près de la table d'opération du patient ou les complications exceptionnelles comme celle-ci, avec l'utilisation du téléphone portable au bloc, et à l'hôpital en général, dans un but professionnel.  

Les distractions à l’hôpital ne sont pas une totale nouveauté mais la technologie avec les nouvelles formes de communication en a créé d’autres. Celles liées aux smartphones et autres objets mobiles ont d’ailleurs été classées parmi les "10 risques technologiques liés au domaine de la santé 2013" ("The Top 10 Health Technology Hazards for 2013") par l’ECRI (Economic Cycle Research Institute). Mais n'oublions pas qu'ils sont aussi les vecteurs de nouveaux outils (appli, objets connectés) pour les professionnels de santé avec un bénéfice direct pour les prises en charge...

 

Source: 

Chloé Rayneau

Portrait de La rédaction

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