Le Pr Michel Aubier, chef du service de pneumo à Bichat, semble nager en plein conflit d’intérêt. Il a coutume de minimiser les effets de la pollution, mais oublie de mentionner qu’il travaille pour Total.
Il n’y a pas que Big Pharma dans la vie ! En matière de conflits d’intérêt, les médecins peuvent manger à plusieurs râteliers. C’est ce que semble démontrer l’affaire Aubier, révélée hier par Libération et le Canard Enchaîné et relayée par l’APM.
Le Pr Michel Aubier, chef du service de pneumologie-allergologie de l’hôpital Bichat-Claude Bernard à Paris, s’est fait une spécialité de minimiser les effets cancérigènes de la pollution atmosphérique.
« Je ne pense pas, et la plupart des experts sont d’accord, que le fait d’être exposé à une pollution ambiante […] prédispose au cancer du poumon, sauf si on a un autre facteur favorisant », déclarait-il par exemple le 1er mars dernier dans l’émission Allô Docteurs sur France 5.
Des propos qui prennent un sens nouveau depuis que l’on sait que Michel Aubier travaille deux demi-journées par semaine comme médecin-conseil… pour Total. Il siège également au conseil d’administration de la fondation du géant pétrolier.
Une activité qu’il a régulièrement omis de mentionner lors de ses interventions publiques, notamment en 2015 lorsqu’il a été auditionné par le Sénat sur le coût de la pollution de l’air. L’AP-HP précise que cette activité extrahospitalière ne figure pas dans le dossier administratif du PUPH.
« Cette affaire illustre un pan des conflits d'intérêts non couvert par la loi », commente Anne Chailleu, nouvelle présidente du Formindep jointe par What’s Up Doc. « Tous les dispositifs en place visent la transparence vis-à-vis du secteur des produits de santé. Or on constate que nombre d'autres secteurs recourent à des médecins pour soutenir leurs affaires publiques. »
Conflits d’intérêt partout, justice nulle part ?
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Adrien Renaud avec APMnews