Le déficit de la Sécu baisse !

On est rassurés

Les ministères de la Santé et de l’Action et des Comptes publics annoncent avec fierté que les comptes de la Sécurité sociale s’améliorent. Le déficit pour l’année 2017 serait le plus faible depuis 15 ans. Calmez-vous, tout va bien !

Le trou de la Sécu, le fameux, le vilain, à l’origine de tous les maux, serait-il en train de se résorber ? Prenant exemple sur celui de la couche d’ozone, que le protocole de Montréal a aidé à reconstituer, il est, sur le papier, en nette amélioration, année après année.

« Le solde du régime général de la sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse (FSV), tel qu’il ressort des comptes arrêtés à date, s’établit à - 5,1 milliards d’euros, en réduction de 2,7 milliards d’euros par rapport à 2016 (- 7,8 milliards d’euros) », se félicitent ainsi Agnès Buzyn et Gérald Darmanin dans un communiqué publié jeudi soir. « Il s’agit du plus faible déficit enregistré sur les 15 dernières années ».


Déficit du régime général de la sécurité sociale et du fonds de solidarité vieillesse depuis 2003 (Ministère de la Santé)

 

Il aurait même pu être meilleur, si des ressources de TVA n’avaient pas été transférées de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) vers l'agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), pour financer le dispositif de compensation des exonérations de cotisations salariales de l’assurance chômage. Meilleur d’un milliard. Rien que ça.


Source : Ministère de la Santé

 

Et pour le trou de la Sécu, on dit merci qui ?

« Ces bons résultats s’expliquent par une maîtrise d’ensemble des dépenses qui se traduit notamment par le respect de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie, dont le taux d’évolution a été contenu à 2,2% en 2017 », précisent-ils.

Merci l’Ondam, donc merci les hôpitaux, qui l’ont respecté au prix de gros efforts, aux médecins hospitaliers qui doivent gérer des réductions de personnel et des fermetures de lits, aux libéraux qui compensent les pénuries de confrères par des horaires à rallonge, ou qui font l'effort de prescrire des génériques et moins d'antibiotiques ? Ah bah non…

« Cette étape nous conforte dans notre politique de redressement de nos comptes publics, et nous encourage à poursuivre et amplifier les efforts de maîtrise de la dépense publique tout au long du quinquennat », ont déclaré les ministres. Bien vu !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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