L'armée, première urgentiste

Quand le militaire rejoint l'humanitaire

Alors qu'un camps de réfugiés offre un terrain de choix à la rougeole, épidémie favorisée par la promiscuité et la dénutrition infantile, en 2013, les médecins militaires du CESPA ont assuré en quelques jours un taux de couverture vaccinale des enfants de plus de 90 %. Pour installer ce centre de vaccination, premier de la région, « nous avons obtenu un rendez-vous avec le ministère de la Santé jordanien lui-même afin de le convaincre de l'urgence de la situation », précise le Dr Meynard, membre de l'équipe interministérielle mandatée par Paris en vue de proposer une aide adéquate aux réfugiés syriens. Immédiatement lancée après cet accord, la campagne de vaccination « a été accueillie très favorablement par les réfugiés, contents qu'on s'occupe de leurs enfants », se souvient le médecin militaire. De manière générale, les patients se bousculaient à des consultations médicales bénéficiant « de l'image positive de la médecine française et du fait que, dormant dans le camp, nous [militaires français] étions les seuls à assurer la permanence des soins. » Les réfugiés manifestant dans le camp à propos d'une aide internationale dont ils ne voyaient pas les retombées, l'équipe française prenait notamment en charge les victimes de ces heurts nocturnes. « On ne sent jamais autant utile dans ce type de situations », témoigne le Dr Meynard.

A Zaatari « où l'Unicef n'arrivait pas à organiser la campagne de vaccination dans de bonnes conditions », ou après une catastrophe telle que le tsunami en Indonésie (2004), lorsque l'armée française « organise une chaîne du froid digne de ce nom avec le concours du porte hélicoptère Jeanne-d'Arc », le service de santé des armées (SSA) offre des capacités de médecine d'urgence à nulle autre pareil... « avant de passer le relais à d'autres », précise le Dr Meynard, qui a travaillé  entre autres, comme médecin chef sur l'archipel des Kerguelen, avec les armées britanniques, en détaché à l'Institut Pasteur en Guyane, après le tsunami en Indonésie, etc.

 

Source: 

Marie Barral

Portrait de La rédaction

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