La séduction, remède contre les déserts médicaux : « What else ? »

Les professionnels de santé bretons allèchent leurs confrères en mode « speed-dating »…

Est-ce une mode ? Ou est-ce la traduction d’une évolution plus profonde ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais on ne peut que constater que les territoires font en ce moment assaut d’imagination pour attirer les jeunes médecins dans leurs filets. Après le CHU d’Angers qui propose aux nouveaux internes fraîchement sortis des ECN d’adopter un PU-PH, c’est au tour de l’ARS de Bretagne de lancer son opération de charme. Son nom ? Le « généraliste-dating ».

Le principe est simple : des professionnels déjà installés produisent une vidéo de 60 secondes pour présenter les avantages de leur territoire. Demain matin, à la fac de Rennes, quelques dizaines d’internes sont invités à un événement où ces films seront projetés, et où ils pourront discuter le bout de gras avec ceux qui les ont produits. A la clé, un stage, un rempla, ou carrément une installation.

Séduire en 60 secondes

« Les petites annonces, ça ne marche pas, et on voulait éviter les successions de diaporama », explique à « What’s Up Doc » Semiya Thouir, référente installation à l’ARS Bretagne. « On essaie de mettre en place quelque chose d’un peu novateur, d’un peu dynamique », poursuit-elle. « C’est un challenge : il faut séduire en 60 secondes ».

Résultat : 24 territoires, 24 vidéos. Certaines sont produites par les professionnels avec les moyens du bord, et d’autres ont bénéficié du soutien des collectivités locales et des élus. Mais l’objectif est le même : convaincre les jeunes de venir travailler dans des endroits auxquels ils n’auraient pas pensé a priori.

Des généralistes, des dodoches et des planches de surf

« Si on ne fait rien, on ne se fait pas connaître », déclare sans ambages le Dr. Elisabeth Gueguen, qui participera à l’événement de demain avec une vidéo mettant en scène deux internes, une dodoche et une planche de surf (voir ci-dessous). Installée à Guéméné-sur-Scorff, en centre-Bretagne, cette généraliste déplore les a priori dont cette contrée fait l’objet : « Quand un interne dit qu’il vient chez nous, on lui demande : "Ah bon ? Mais qu’est-ce que tu vas faire là-bas ?" ».

Et pourtant la commune est dynamique. Une maison de santé est en train de se monter et un troisième généraliste est activement recherché. « Alors faire un film, pourquoi pas ? », demande, rigolarde, Elisabeth. L’important, c’est de prévoir la suite, et d’attirer les internes, avertit-elle. Alors demain, elle sera à Rennes, avec la pharmacienne et un infirmier de la commune.

Quant à l’ARS, elle regardera ce qui se passera de près. « On évaluera cela sur 6 mois en recontactant les participants, pour voir si les contacts noués demain auront donné des suites », explique Semiya Thouir, de l’ARS.

Rendez-vous au prochain épisode !

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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