La MSP est une plus-value médicale

La preuve par trois exemples

La maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), encouragée par le Gouvernement, a aussi quelques avantages pour le praticien. C’est en tout cas ce que pense Anas Taha, généraliste en Île-de-France.

Le Dr Anas Taha, installé dans une maison de santé depuis deux ans, estime que ce mode d’exercice bonifie sa pratique. Lorsqu’il a un problème avec un patient, ses collègues – médecins et autres – sont là. Que ce soit un problème relationnel, pour lequel l’intervention d’un autre médecin peut être salvatrice, ou pour la cohérence du parcours de soins. Pour What’s up Doc, il livre trois cas pour lesquels l’exercice en MSP est un plus.

La patiente psy

Anas Taha a, dans sa patientèle, une femme avec des problèmes de comportement et des pathologies psychiatriques associés à une addiction à l’alcool. « Il peut lui arriver d’être extrêmement désagréable », explique-t-il. Ce qui nuit évidemment à la relation avec le praticien, et donc à une prise en charge optimale. « L’avantage d’exercer en groupe, c’est qu’un autre soignant peut prendre le relai. Cela permet au premier d’avoir une soupape, et d’éviter au patient une rupture de soins ».

Le diabétique

Outre l’exercice en groupe, l’avantage des MSP réside surtout dans le P, la pluriprofessionnalité. Avec l’installation de différentes spécialités – podologues, psychologues, diététiciens, infirmiers, kinés etc. – dans le même lieu physique et administratif, il est plus facile de s’entraider.
Ce deuxième exemple est sans doute plus percutant : la prise en charge des patients diabétiques. « La diététicienne de notre maison de santé est d’un secours précieux », raconte le généraliste.  « Je ne compte plus les patients pour lesquels nous avons pu nous passer de traitements médicamenteux ou de réorientation vers d’autres disciplines médicales, simplement grâce à elle.
« Cette qualité de pratique est extrêmement valorisante », poursuit-il. « J’ai travaillé un moment en cabinet de groupe. C’était très plaisant, mais il n’y avait pas cette coordination formalisée, et je me rends compte de la différence que cela représente face aux situations compliquées ».

Le cas de fibrillation auriculaire

Autre avantage des maisons de santé relevé par Anas Taha : il est parfois possible d’améliorer le parcours de soins, et d’éviter aux patients un passage par l’hôpital. Il décrit le cas d’un patient âgé, en fibrillation auriculaire. En principe, il serait adressé à l’hôpital pour un bilan et une anticoagulation de première intention.
« Un passage à l’hôpital n’est jamais agréable pour le patient, induit un risque iatrogénique comme toute hospitalisation, et représente en plus un coût pour la société », souligne le médecin. « Là, on peut tout faire en ville : l’infirmière – il n’y a que des femmes, chez nous ! – organise rapidement la prise de sang et les injections, et notre protocole de coordination avec la cardio du secteur nous permet de l’adresser rapidement ».
« Cela permet de mettre en place des parcours de soins en ville pertinents et faciles, ce qui était bien plus compliqué auparavant », ajoute-t-il.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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