On la joue collectif !

Quand les PASS se regroupent

Les PASS, les Permanences d'accès aux soins de santé, sont des dispositifs médico-social ambulatoires essentiellement hospitaliers facilitant l'accès aux soins de santé aux plus démunis, sans droits ouverts à une couverture sociale. On compte à ce jour environ 450 PASS en France. Le Dr Claire Georges est praticien hospitalier et responsable médicale de la PASS de l’hôpital Saint-Louis, AP-HP. Elle préside l’association Collectif PASS depuis sa constitution en 2011. « Ce collectif est né des difficultés rencontrées par certains acteurs. Si la souplesse était au rendez-vous pour leur création, les PASS souffrent d’un manque de visibilité. » C'est précisément l'action de ce collectif, créer de la visibilité, du lobbying, de l'interaction.

En 2014-2015, le Collectif PASS a mis en place un cycle de formation sur le thème « Soigner l’Humain » qui a permis d’approfondir les réflexions pluri-professionnelles avec aussi des conférences débat : « Soigner l’Humain, c’est prendre le temps nécessaire pour une écoute empathique et attentive de la demande du patient. » explique Claire. « Ce n’est pas exclure la technique, mais l’utiliser de façon réfléchie au service de la pratique clinique ».

Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut faciliter l'accès aux soins de santé aux plus démunis. « Mais dans la réalité, ce n'est pas un public que l’hôpital a envie d'avoir... » explique-t-elle. « S'occuper d'un patient en situation de précarité dans un hôpital, ça ne va pourtant pas de soi ! ». A l'hôpital Saint-Louis, comme dans d’autres hôpitaux, les équipes des PASS sont très réduites : « La tarification à l’activité pousse à faire toujours plus. Augmenter l'activité, c'est réduire le temps, ce qui ne permet pas d'activer ce facteur humain ». D'autant plus quand les professionnels de santé sont confrontés à des situations singulières, sortant du cadre et des procédures habituels. « C'est pourquoi, on ne peut pas se contenter des protocoles ! On est obligé d'inventer une médecine au plus près du patient. En tenant compte du budget restreint, on arrive à activer des stratégies qui ne sont pas couteuses ».  

Des expériences partagées ce jour lors d'un colloque au ministère de la Santé !

 

Source: 

Chloé Rayneau

Portrait de La rédaction

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