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Selon les éléments exposés à l’audience, les faits se seraient déroulés alors que la jeune fille avait 16 ans. Elle a décrit un cadre familial où la nudité et les échanges à caractère sexuel auraient été progressivement imposés, dans une famille recomposée, au point de créer ce que l’accusation qualifie de « climat incestuel ».
La victime avait 9 ans lorsque son beau-père est entré dans sa vie. Elle a notamment déclaré aux enquêteurs : « On en parlait quasiment à tous les repas. Il y avait des règles, on devait se baigner nus. Il se douchait la porte grande ouverte, l’intimité avait fini par disparaître », rapporte L'Alsace.
Des faits choquants
L’enquête évoque aussi des photographies prises à l’insu de l’adolescente pendant plusieurs années, dans des situations de nudité ou dans la salle de bain. À la barre, l’ancien médecin a contesté avoir instauré un tel climat, affirmant que les clichés s’inscrivaient dans un contexte de vacances.
Deux agressions sexuelles sont retenues. La première aurait eu lieu à l’été 2021 en Grèce, où il aurait touché la poitrine de l’adolescente. Le prévenu a reconnu qu’il s’agissait d’une « atteinte sexuelle ». Une seconde agression est évoquée en juillet 2022 en Corse.
Alors que la mère était absente, il aurait remonté sa main le long de la cuisse de la jeune fille, caressé son bas-ventre puis glissé la main sous son short. L’ancien médecin a reconnu des gestes qu’il a qualifiés de « caresses et câlins inappropriés », tout en minimisant leur intention.
La jeune fille aurait parlé des faits à sa mère, mais celle-ci n’aurait pas engagé de démarches immédiates. À l’audience, la mère a reconnu ne pas avoir su réagir et a été jugée pour non-dénonciation.
18 mois de sursis seulement
L’affaire a finalement été révélée en 2023 après un signalement du pôle pédopsychiatrique de l’hôpital de Mulhouse. La victime, suivie notamment pour harcèlement scolaire, avait alors évoqué sa situation familiale et les agressions subies. Décrite comme fragile et dépressive, elle a indiqué avoir tenté de mettre fin à ses jours à deux reprises après les faits.
La procureure Alexandra Chaumet a insisté à l’audience sur la notion de « corruption de mineure », estimant que la sexualisation de la victime avait commencé dès l’enfance. La défense a tenté de contextualiser les faits en évoquant le rapport familial du prévenu.
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné l’ancien médecin légiste à dix-huit mois de sursis probatoire pendant deux ans. Il a interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne et la victime et ne pourra pas exercer d’activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans. La mère de famille a été condamnée à six mois de prison avec sursis simple.
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