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Une grossesse sur cinq aurait ainsi abouti à une naissance prématurée chez les anesthésistes-réanimatrices hospitalières, contre environ une sur sept chez les femmes médecins, toutes spécialités confondues, qui ont répondu à l’enquête « What Health ? » du SNPHARE, dont les résultats ont été présentés hier au congrès annuel de la SFAR. Cette proportion est de l’ordre d’une sur quinze dans la population générale.
L’écart entre médecins et population générale concerne d’ailleurs les différents degrés de prématurité. Chez les anesthésistes-réanimatrices interrogées, 17 % des naissances surviennent entre 32 et 37 semaines d’aménorrhée, contre 13 % pour l’ensemble des femmes médecins et 5 à 6 % dans la population générale. La grande et l’extrême prématurité, avant 32 semaines d’aménorrhée, concernent respectivement 3 %, 2 % et 1 %.
Gardes et astreintes poursuivies pendant la grossesse
L’enquête relève par ailleurs une participation « quasi systématique » des anesthésistes-réanimatrices enceintes à la permanence des soins (PDS), comprenant les gardes sur place et les astreintes. Une part importante d’entre elles la poursuit au-delà du troisième mois de grossesse, selon le SNPHARE.
Le syndicat fait également état d’une absence d’adaptation des conditions de travail et d’un recours au congé pathologique supérieur à celui observé dans des catégories socioprofessionnelles comparables.
Pour le syndicat, ces résultats « interrog[ent] sur le lien entre la pénibilité de l’exercice de notre spécialité et l’évolution de la grossesse », sans qu’il soit toutefois possible d’établir de lien de causalité entre les conditions d’exercice et les taux de prématurité observés.
Adapter le travail des médecins enceintes
Le SNPHARE souligne que la permanence des soins peut représenter jusqu’à la moitié de la rémunération d’une jeune praticienne. Il évoque également les conséquences que peut avoir la maternité sur les carrières : non-renouvellement de contrat, retard de nomination comme praticien hospitalier ou difficultés d’accès aux carrières universitaires et aux postes à responsabilité.
Dans ce contexte, la poursuite de l’activité pendant la grossesse pourrait être « subie (par contrainte ou par “auto-contrainte”) » par les femmes médecins, estime-t-il.
S’appuyant sur une étude de 2024, le syndicat souligne enfin les difficultés de suivi de grossesse des femmes médecins, associées notamment à une charge de travail élevée.
Le SNPHARE demande donc une adaptation des conditions de travail de chaque médecin enceinte, en lien avec le service de santé au travail, ainsi que des mesures limitant les conséquences financières et professionnelles de l’arrêt de la PDS. Il réclame également des effectifs médicaux adaptés et l’application des dispositions réglementaires destinées à permettre un suivi optimal de la grossesse.
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