Plus d'argent, plus d'internes et une loi pluriannuelle : la FHP veut sortir du « court-termisme » en 2027

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À l’approche des arbitrages budgétaires pour 2027, la fédération de l'hospitalisation privée (FHP) réclame une hausse d’au moins 3,2 % des tarifs des cliniques et une visibilité sur cinq ans pour pouvoir investir et recruter.

Plus d'argent, plus d'internes et une loi pluriannuelle : la FHP veut sortir du « court-termisme » en 2027

© Midjourney x What's up Doc

 

En 2025 et 2026, les tarifs hospitaliers – montants remboursés par l'Assurance maladie pour les soins prodigués, qui constituent l'essentiel des ressources des cliniques – n'ont pas augmenté, malgré l'inflation qui fait grimper les charges (restauration, blanchisserie, nettoyage...), a rappelé le président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), Lamine Gharbi.

L'exécutif a fait ce choix car il anticipait une croissance très forte de l'activité des cliniques, « impossible » à tenir et la Sécu n'a donc pas versé l'intégralité des sommes provisionnées dans le budget, a-t-il assuré, réclamant une « restitution » de cet argent : environ « 100 millions d'euros ».

« La moitié des cliniques sont en déficit » et toutes peinent à recruter, à investir et à satisfaire les « revendications salariales » des collaborateurs, a-t-il argué.

Visibilité sur cinq ans réclamée

L'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) doit d'ici fin octobre objectiver les « difficultés économiques » des cliniques, et confirmer le diagnostic de la FHP, a-t-il avancé.

Outre ces arbitrages pour 2027, « on espère que le prochain quinquennat permettra d'avoir une loi de programmation » en santé, ou au moins « une vision pluriannuelle » sur cinq ans, car ce budget réécrit chaque année est « anxiogène » : il empêche d'anticiper les besoins et investissements, a poursuivi Lamine Gharbi.

La présidentielle doit être l'occasion de « transformer le système », a-t-il jugé, présentant diverses propositions.

Il faut notamment évaluer « chaque euro dépensé » à l'aune du « service rendu au patient », et s'en servir pour flécher les financements, plaide la FHP, regrettant qu'une partie des lits de l'hôpital public, notamment en psychiatrie ou SMR (soins de réadaptation) soient financés mais « pas ouverts, faute de personnel ».

Plus d'ambulatoire et d'internes dans le privé

Elle réclame un « plan d'adaptation au changement climatique » ; des « contrats territoriaux » dans lesquels l'ensemble des acteurs (public, privé, soignants libéraux, assureurs...) s'engageraient à remplir des objectifs communs « mesurables », et un meilleur financement de l'innovation, notamment de la chirurgie robotisée.

La fédération propose aussi de fixer l'objectif de « 82 % de chirurgie ambulatoire » contre 63,7 % aujourd'hui.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/secteur-prive-lucratif-9-cliniques-sur-10-appartiennent-un-groupe

Elle suggère encore de labelliser des cliniques comme des « sites universitaires partenaires » de l'université publique, pour y accueillir des externes, internes, équipes de recherche... Aujourd'hui, seuls 1 % des internes exercent dans le privé, car les doyens font « blocage », a critiqué Lamine Gharbi, ajoutant : « on pourrait en prendre 35 %, comme on fait 35 % de l'activité ».

Avec AFP

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