Jusqu'à 20€ pour voir un médecin plus vite : le business des coupe-files en téléconsultation énerve la profession

Article Article

Des plateformes de téléconsultation proposent désormais aux patients de payer entre 5 et 20 euros supplémentaires pour accéder plus rapidement à un médecin ou bénéficier d'horaires étendus. Une pratique autorisée sous certaines conditions, mais dénoncée par l'Assurance maladie et l'Ordre des médecins, qui y voient un risque pour l'égalité d'accès aux soins.

Jusqu'à 20€ pour voir un médecin plus vite : le business des coupe-files en téléconsultation énerve la profession

© Midjourney x What's up Doc

 

Qare, Livi ou MédecinDirect proposent ainsi des prestations optionnelles, facturées entre 5 et 20 euros, permettant notamment une mise en relation accélérée avec un médecin ou l'accès à des horaires étendus, selon une enquête du média 60 Millions de consommateurs.

Mais toutes ne fonctionnent pas de la même manière. Livi et Qare facturent par exemple jusqu'à 20 euros pour certains services. « Chaque patient conserve la possibilité d’accéder à une téléconsultation classique sur rendez-vous sans frais supplémentaires », assure la plateforme Livi au magazine.

MédecinDirect explique de son côté que son modèle économique « repose sur ces frais additionnels ». Doctolib et Medadom n'en facturent pas, selon 60 Millions.

France 3 Occitanie rapporte de son côté le cas de Tessan. Depuis fin juillet, la société propose à certains patients ce message : « Souhaitez-vous passer en priorité dans la file d’attente pour 5 euros ? »

Son directeur général reconnaît auprès de la chaîne une formulation « ambiguë », qui doit être modifiée et assure que l’option s’adresse « uniquement aux gens qui viennent sans rendez-vous ».

Une pratique légale, mais contestée

Le Code de la Santé publique interdit aux sociétés de téléconsultation de facturer au patient, pour un médical pris en charge par l'Assurance maladie, davantage que les tarifs conventionnels. Il leur permet toutefois de commercialiser des prestations optionnelles complémentaires, à condition d'informer préalablement le patient de leur caractère facultatif.

C'est sur cette possibilité que s'appuient les plateformes proposant ces services. Mais l'Assurance maladie, citée par 60 Millions de consommateurs, estime qu'une option payante ne doit ni conditionner ni accélérer l'accès à un médecin en téléconsultation.

Même avis du côté de l'Ordre des médecins qui se montre également opposé « à tous les frais, même optionnels, en lien avec la consultation », indique-t-il au magazine.

« On est vraiment sur des gens qui ne soignent personne mais qui se prennent, sur le dos des patients et de la maladie, une dîme pour assurer leur train de vie », a pour sa part réagi vivement le Dr Jérôme Marty, président de l’UFMLS, sur X, qui appelle le gouvernement à agir.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/voici-les-chiffres-de-la-teleconsultation-en-europe-de-grandes-differences-entre-les-pays

Depuis un décret du 12 juillet 2026, une plateforme qui ne respecte pas les règles de facturation peut également se voir refuser ou retirer l'agrément permettant la prise en charge de ses téléconsultations par l'Assurance maladie.

Aucun commentaire

Les gros dossiers

+ De gros dossiers