Grève des urgences : MG France a les solutions !

MG France vient de faire part de ses propositions pour résoudre la crise des urgences. Le syndicat plaide pour deux niveaux de régulation de la demande de soins, tout en réclamant une campagne d’information sur le bon usage des soins.

Alors que par la ministre de la Santé a confié une mission au Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH) et au député (LREM) Thomas Mesnier pour « adapter nos urgences aux nouveaux besoins », le syndicat MG France vient de faire part de ses propositions pour résoudre la crise des urgences qui n’en finit plus de s’étendre.
 
Le premier syndicat de médecins généralistes commence par rappeler plusieurs faits, dans un communiqué daté du 13 juin. Tout d’abord, l’augmentation des passages aux urgences est continue depuis vingt ans (3,5% par an en moyenne). Le nombre de passage est proche de 25 millions par an, tandis que la médecine générale réalise 300 millions d’actes tous les ans. Si bien qu’elle effectue « 98 % des actes de soins en cas d’épidémie de grippe », précise MG France.
 

Insuffisance des lits d’aval

 
Et de rappeler que l’engorgement des urgences est en grande partie lié à l’insuffisance des lits d’aval dans les services, ce qui contraint les patients à attendre plusieurs heures dans les services d’accueil.
 
En outre, « les patients qui se rendent aux urgences pour des actes qui auraient pu être réalisés en ville consultent le plus souvent pendant les horaires d’ouverture des cabinets. Il n’est donc pas juste d’attribuer l’augmentation des passages aux urgences à une désaffection supposée des médecins généralistes pour les gardes de nuit ou de week-end », précise le communiqué.
 
Le syndicat ajoute que le recours inapproprié aux services d’urgences, évalué à 20 % par la Cour des Comptes, est lié à l’absence d’un mode d’emploi de notre système de santé pour la population.
 

Deux niveaux de régulation

 
Face à ce constat, MG France propose deux niveaux de régulation. Il souligne tout d’abord l’importance de la régulation de la demande de soins, « y compris lors de la demande de soins non programmés, y compris pour les urgences réelles ou ressenties ». Et considère donc qu’une « gradation du recours aux structures sanitaires est logique et nécessaire ».
 
Et d’affirmer qu’une régulation organisée sur les territoires, notamment par les médecins libéraux via le 116-117, numéro d’appel dédié, « permettrait de résorber une grande partie de cette demande de soins ».
 
Une régulation de deuxième niveau à l’arrivée aux urgences hospitalières permettrait également de « réorienter les patients ne nécessitant pas de soins hospitaliers vers les cabinets médicaux, ou vers les maisons médicales de garde aux heures de permanence des soins. Les services d’urgences doivent pouvoir se recentrer sur les urgences ! », plaide MG France.
 

Une campagne d’information

 
Et de réclamer, afin de contribuer à soulager le personnel des services d’urgence hospitaliers, « une campagne d’information sur le bon usage des soins rappelant à nos concitoyens le circuit logique des demandes de soins » : appel du médecin traitant, appel du 116 – 117 pour les demandes de soins non programmées en son absence, appel du 15 réservé aux urgences…
 
Et, bien sûr, le nerf de la guerre, « des moyens suffisants pour permettre aux professionnels de santé de ville de s’impliquer dans une organisation territoriale des soins ambulatoires : régulation libérale, valorisation des astreintes dans la journée ».
 

Portrait de Julien Moschetti

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