Fichage des gilets jaunes : c’était la faute aux stagiaires !!

Le stagiaire, l'éternel fautif.
Le stagiaire, l'éternel fautif.

Les premiers résultats de l'enquête de l'AP-HP sur la divulgation de dossiers médicaux de patients pris en charge par l'AP-HP désigne un premier coupable : un stagiaire imprudent...

Ça y est ! L’assistance publique des hôpitaux de Paris a enfin résolu l’énigme de la divulgation des dossiers médicaux de certains gilets jaunes blessés pris en charge par des établissements de santé de l’AP-HP. Selon un tout dernier communiqué publié par l’ARS Ile-de-France et l’AP-HP, les informations médicales retrouvées sur le fichier SI-VIC, destiné à recenser les personnes prises en charge dans le cadre de catastrophes sanitaires et actionné pour le coup en cas lors de manifestations de gilets jaunes, seraient le fait… d’un stagiaire. « Comme annoncé le 24 avril 2019, l’ARS Ile-de-France et l’AP-HP ont diligenté le 25 avril une mission d’enquête pour objectiver de façon transparente l’utilisation faite de l’application SI-VIC ces dernières semaines ». Et le résultat de cette enquête est époustouflante : les informations médicales divulguées, auxquelles a pu avoir accès le Canard enchainé, sont le fait d’un exercice de simulation conduit dans l’un des hôpitaux de l’AP-HP. Ces informations « fictives » ont été renseignées dans le fichier SI-VIC par un stagiaire. « Lors de cet exercice 10 patients fictifs ont été affublés de caractéristiques fantaisistes dans l’idée de simuler l’arrivée de victimes non identifiées  du type « chaussettes vertes à petit pois », « homme black lunettes rouges » ». Ce genre de commentaires, assure l’AP-HP, n’a jamais été portés sur de réels patients. Mais il a également été relevé « qu’un patient était mentionné comme « décédé » alors qu’il était rentré à domicile ». Boulette ! Des actions correctrices auraient été prises, et de « nouvelles consignes pourront être données ». Quoi qu’il en soit, si le communiqué de l’AP-HP mentionne des commentaires sur l’apparence physique de blessés virtuels, Le Canard enchainé évoque plutôt des blessures dues à des affrontements avec les forces de l’ordre : « tir flash ball : plaies arcades », « tuméfaction oreilles : plaie oreille » « flashball cuisse », etc. Aucune explication n’est également apportée sur l’information faite aux patients quant à leur inscription sur ce fichier SI-VIC, ni même sur les personnes ou les services qui y ont eu accès ; sachant que le décret qui rend opérationnel ce fichier mentionne qu’il peut être consulté par des fonctionnaires des ministères des affaires sociales et de la santé, de l’intérieur, de la Justice… L’enquête de l’AP-HP, sur ce sujet, risque de durer… Rappelons que c'est le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'Hôtel-Dieu, qui s'était révolté contre la transmission d'informations nominatives sur les gilets jaunes blessés lors de manifestations. Depuis, après des démentis de l'AP-HP et de l'ARS Ile-de-France, le Conseil national de l'Ordre des médecins avaient décidé de saisir la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) ainsi que la DGS pour faire toute la lumière sur cette histoire, tandis que l'AP-HP menait son enquête interne.  

Portrait de Jean-Bernard Gervais

Vous aimerez aussi

La santé oui, mais la santé vite
Enterococcus faecium mène la révolte
Big data et gazouillis

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.