Fellowship en Norvège : Cash !

Partir c’est surtout prévoir, calculer et anticiper. Rien n’est plus pénible que de partir et se retrouver à manger des pâtes tous les jours, ou plutôt la fameuse « p¸lse » au narvesen*, en plus de dormir dans un trou de souris ! Il est donc primordial de connaître les différentes ficelles pour accumuler son petit pactole…

Tout d’abord Oslo est une des capitales les plus chères au monde ! Lorsqu’on part pour un research fellowship comme chercheur, le plus souvent c’est avec des financements français ou bi-appartenant avec le pays d’accueil. Attention : dès lors que l’on part avec des financements français, le coût de la vie n’étant évidemment pas le même, il existe une inadéquation ! Et les bourses qui financent des postes de recherche sont souvent précaires…

L’inscription à la fac d'Oslo dépend du statut (post-doc ou séjour à l’étranger). Le département d’accueil doit juste être en règle avec l’administration quant à notre venue.

Concernant les impôts sur les bourses françaises, côté Norvège c’est l’exonération mais il faut le déclarer votre situation le jour où vous vous faites enregistrer au département de police qui gère les expatriés. Côté français, on vous demandera de payer des impôts sur ces bourses. Si vous percevez un salaire norvégien, vous paierez des impôts en Norvège. En bref, chaque pays demande de payer les impôts correspondant à ce qu’il donne.

Achetez technique et pointu

Côté dépenses, la vie quotidienne en Scandinavie est très chère lorsqu’on est « latin » et qu’on aime les « bonnes choses ». Tout d’abord le dressing est à refaire, et ceci n’est pas vraiment négociable avec les -10 °C l’hiver, dans les rues glacées et enneigées. Il faut acheter du « technique et pointu », ce qui a un prix (une bonne jacket : entre 600 et 700 €, et compter 200 € pour les boots).

Ensuite il faut se loger. C’est primordial de se sentir au chaud dans un cocon « koselig », comme on dit en norsk, lorsque la nuit tombe à 14h30-15h au creux de l’hiver et qu’il fait froid… Très froid ! Quand on sait qu'un 38 m² se loue environ 1 600 € dans un bon quartier, on comprend pourquoi de nombreuses personnes vivent en colocation…

Une fois qu’on a un toit, il faut gérer le quotidien

Courses mais aussi resto, bar… Et ça c’est cher, car la plupart des produits sont importés. Concernant l’alcool par exemple, les taxes sont très lourdes : un verre de vin au resto coûtera 15 €, une bière (« øl ») aux alentours de 10 €. Les transports, dont le réseau est très performant, coûtent environ 30 Kr, soit 4 €, pour 1 ticket aller pour le « trikk » (tram) ; et la carte au mois 680 Kr, soit 75-80 €. Par contre le package « cross country ski » (shoes/ski/bâtons) pour les débutants, 150 € : so cheap !

Il ne faut pas oublier de penser à la protection sociale !

Lorsqu’on est salarié de la Norvège, il faut avancer les 200 premiers Kr/an soit moins de 25 € (dans n’importe quel domaine du soin : consultation, acte chirurgical…) et ensuite tout est pris en charge à 100 %, sauf le remboursement de certains médicaments et frais paramédicaux (attelle par exemple). Si l’on n’est pas salarié de la Norvège, la carte européenne de l’assurance maladie ne couvre pas la durée d’expatriation d’un an et surtout vous n’avez pas de mutuelle associée. Une des solutions est de souscrire une assurance privée, qui alourdira encore la facture (par exemple : 480 €/mois, remboursement sur le système français combinant la partie Sécu et mutuelle du système français). La plupart de ces assurances sont étrangères.

Concrètement et au total, pour un an, environ 40 000 à 50 000 € sont nécessaires pour bien vivre si l’on est seul.

Le coût peut doubler ou tripler pour une famille entière. Il ne faut pas oublier les impôts de l’année d’avant qui restent à payer, sauf si vous avez demandé de décaler. Petite astuce aussi, pour l’inscription à l’Ordre des médecins, il est possible de demander une exonération pour un an de la cotisation, d’autant plus que vous n’exercerez qu’en tant que chercheur.

Mais où trouver les financements ?

Souvent c’est la croix et la bannière en recherche. Il faut s’y prendre tôt pour écrire des projets bien « ficelés » et respecter les deadlines. Attention il n’est pas légal d’obtenir deux bourses pour le même travail le plus souvent. L’astuce est de combiner plusieurs bourses mais sur des parties différentes du projet, ou alors des bourses dont les buts ne sont pas les mêmes(projet, logistique…).

Alors, déjà sur le départ ?

 

*kiosque local norsk vendant des saucisses norvégiennes.

Portrait de Charlotte Vaysse
article du WUD 26

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