Élections aux URPS - L’UFML veut rebattre les cartes !

Les élections aux URPS, c’est pour bientôt ! Pour vous aider à y voir plus clair, What’s up Doc se plonge dans les programmes des candidats. Et c’est au tour de l’UFML-S !

Les élections aux URPS, c’est à la fin du mois ! À l’approche de ce vote crucial qui sera ouvert du 31 mars au 7 avril, les syndicats se mobilisent pour bouger les lignes. Leur objectif ? Vous convaincre que leurs représentants sont les mieux placés pour défendre vos intérêts devant les Agences Régionales de Santé. « UFML-S souhaite proposer une autre voie à tous les médecins », clame le syndicat, créé en 2017, dans sa profession de foi.

C’est la première fois que ce syndicat qui prône une médecine « libre et indépendante » se présente aux élections régionales. Pour l’occasion, cette organisation vierge de tout bilan souhaite frapper fort. Au programme ? Une « vision transversale », selon le Président de l’UFML-S. « Nous souhaitons déconstruire pour mieux reconstruire. Nous arrivons au bout d’un système. Il faut changer les choses de fond en comble », argumente Jérôme Marty.

Pour réaliser ce travail d’ampleur, le syndicat veut bousculer trois piliers principaux du système du santé. À commencer par les modes des rémunération des médecins. « Aligner l’honoraire de base sur la moyenne européenne ; revaloriser la CCAM à la moyenne européenne ; permettre l’accès aux honoraires complémentaires ; défendre le paiement à l’acte qui est le garant de l’indépendance ; libérer les rémunérations des médecins de tout lien avec les dépenses de santé », énumère le syndicat, dans son programme. Et Jérôme Marty d’expliciter : « On a lié les revenus des médecins à l’état économique du pays. C’est une erreur magistrale. C’est comme ça qu’on se retrouve avec les tarifs les plus bas d’Europe ». Au travers de ces différents axes de travail, l’UFML-S milite pour garantir l’indépendance des médecins et donner un nouveau souffle à « l’exception française avec une médecine libérale forte ».

Autre levier à actionner pour donner un nouveau souffle à la médecine libérale : la protection sociale des soignants. Une ambition pour laquelle le syndicat formule plusieurs propositions :

  • Inclure par défaut la protection accident du travail et maladie du travail dans les cotisations URSSAF ;
  • Sacraliser la fonction soignante, en instruisant toute violence verbale et physique envers un médecin dans un circuit judiciaire spécifique. Et Jérôme Marty, de préciser : « La violence envers les médecins a tendance à augmenter. Or, le jugement est primordial pour se remettre d’une agression. Notre système judiciaire est pourtant très lent… Il faut donc des filières spécifiques pour que ce type d’agression soit jugé très vite et que le médecin puisse reprendre rapidement son activité avec le moins de traumatisme possible ».
  • Rendre obligatoire la représentation des médecins par un avocat lors des contentions médicaux devant les CPAM. « Nous sommes l’une des rares profession à passer devant un tribunal sans avoir accès à un avocat, s’insurge Jérôme Marty. Il y une discussion, et c’est au final le directeur de la CPAM qui décide arbitrairement. C’est un simulacre de démocratie qui participe à la rupture de confiance. Nous pensons qu’il faut retisser la confiance entre la Sécurité Sociale, l’administratif, le médecin et le patient. ».

Et il n’y a pas que dans ces deux domaines que l’UFML veut siffler la fin de partie. Le syndicat projette également de s’attaquer à la gouvernance du système de santé. Outre instaurer « une nouvelle gouvernance équilibrée entre administration, praticiens et patients » ou encore garantir l’ « indépendance financière des syndicats », l’UFML veut réévaluer l’utilité des agences de santé « au vu de leur coût excessif ». « L’ensemble des agences d’État, c’est 40 milliards ! Cela, pour une efficacité qui n’est pas optimale », commente Jérôme Marty. Une conviction qui pousse son syndicat à exiger plus d’indépendance notamment des ARS. « Les agences régionales sont devenue la courroie de transmission de Paris ! Ce n’est pas ça qui avait été envisagé à l’origine ! », indique le syndicaliste convaincu.

Un programme chargé donc. « On souhaite faire péter le cadre pour redéfinir le périmètre de jeu », commente Jérôme Marty.

Portrait de Julia Neuville

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