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Dès lundi, une procédure sera lancée pour trouver un nouvel hébergeur, qui sera choisi parmi des opérateurs de cloud (informatique en nuage) qualifié « SecNumCloud », selon les trois ministères de la Santé, de la Réforme de l’État et du Numérique.
Ce label exige de ne pas être soumis à une législation non européenne et exclut de fait les géants du cloud comme Microsoft, Amazon Web Services ou Google, soumis aux lois extraterritoriales américaines.
« L’attribution de ce marché interviendra fin mars 2026 », ont indiqué les trois ministres Stéphanie Rist, David Amiel et Anne Le Henanff dans un communiqué commun.
« C’est très important pour les chercheurs notamment, qui pourront accéder à l’ensemble des données de santé de nos concitoyens tout en faisant que ces données soient sécurisées et souveraines », a souligné Stéphanie Rist sur BFM Lyon vendredi matin.
Un projet freiné depuis l’origine
Créé en 2019, le Health Data Hub, ou Plateforme de données de santé (PDS), doit accueillir notamment une copie de l’ensemble des données de santé des Français détenues par l’Assurance maladie, pour devenir une sorte de caverne d’Ali Baba numérique pour les scientifiques à la recherche de données exhaustives et sur de longues périodes.
Mais le choix fait par l’État du géant américain Microsoft pour l’héberger empoisonne depuis le début le projet et a empêché son décollage réel.
Face aux risques d’intrusion des autorités américaines dans les données, la Cnil, gardienne des libertés numériques, n’a jamais donné son accord pour un transfert global de toutes les données de l’Assurance maladie vers la plateforme.
Demandant le choix d’un opérateur européen, elle n’a jusqu’à maintenant donné son feu vert qu’à des transferts de données limités dans le temps et pour des projets précis, à rebours de la logique d’entrepôt souhaitée au départ.
La précédente ministre du Numérique Clara Chappaz avait indiqué à l’Assemblée nationale en avril 2025 que le gouvernement « voulait enclencher un appel d’offres pour faire migrer le Health Data Hub chez un opérateur sécurisé ».
Parmi les opérateurs déjà qualifiés SecNumCloud et donc théoriquement en position de postuler pour prendre le relais de Microsoft figurent des acteurs français comme OVH, Cloud Temple ou Sens, un opérateur constitué par le groupe français Thales mais qui utilise la technologie « cloud » de Google.
Avec AFP