Don du sang : le médecin, pierre angulaire pour reconstituer les stocks

L’Établissement français du sang (EFS) ne cesse d’alerter sur le niveau des réserves de produits sanguins. En tant que médecin, quel rôle peut-on jouer pour aider à la collecte ?

L’or rouge manque. Dangereusement. L’Établissement français du sang (EFS) lance régulièrement des appels d’urgence pour reconstituer ses stocks de sang. Un combat au cœur duquel se trouve le médecin.  

Le rôle du médecin de ville

« Le médecin de ville peut être un relai important dans l’information », explique le Dr Jérôme Sin Lee Sou, médecin à l’EFS. « Évidemment, ce n’est pas approprié de parler de don de sang à un patient malade, car il ne pourra pas donner, dans ce cas de figure. Il est possible d'en parler le jour où on le voit pour la première fois en consultation mais si la personne n’est pas demandeuse, l’information ne passe pas de la même manièreDans certains cas, notamment pour les personnes qui ont une hémochromatose, le médecin peut orienter vers le don du sang, si le patient est éligible. »

Sur ce point, Jérôme Sin Lee Sou précise d’ailleurs : « il ne faut pas hésiter à nous appeler s’il y a un doute sur l’éligibilité d’un patient. Cela nous évitera alors de renvoyer des patients qui ne sont pas éligibles au don du sang. A contrario, parfois le médecin pense que certains médicaments pour des pathologies chroniques empêchent de donner son sang alors que ce n’est pas le cas pour tous, il faut se renseigner. »  

Au-delà de la consultation, Jérôme Sin Lee Sou voit surtout le médecin de ville comme un relai passif. « Il peut mettre des prospectus à disposition des patients, des affiches dans son cabinet pour indiquer les horaires et le lieu des prochaines collectes par exemple. Communiquer sur ces informations est quelque chose de primordial pour nous », poursuit Jérôme Sin Lee Sou.  

Le rôle du médecin à l’EFS

« Nous avons deux grands profils de médecins à l’EFS. Les médecins de prélèvement, liés au don du sang qui vont s’assurer de la sécurité des donneurs et d’autres qui sont des spécialistes en biologie médicale et qui travaillent sur la validation des examens d’analyse, préalables à l’acte de transfusion, ainsi que la supervision des produits sanguins délivrés aux hôpitaux et les conseils en matière de transfusion sanguine », explique Nicolas Tunesi, DRH à l’EFS.

Concernant les médecins de prélèvement, on rencontre des profils de deux types : « la première catégorie est faite de médecins libéraux, parfois des retraités, qui exercent des activités sur des collectes de sang en temps partiel, à côté de leur activité. La 2e catégorie, est constituée de médecins à temps pleins, ce qui est plutôt notre cible de recrutement. Ce sont le plus souvent des médecins généralistes. Mais on peut intégrer l’EFS avec n'importe quelle spécialité. Dans les deux ans qui suivent le recrutement, il faudra suivre un DU de transfusion sanguine pour maîtriser les éléments qui entourent la médecine transfusionnelle », précise Nicolas Tunesi.

Une carrière qui présente des atouts pour Jérôme Sin Lee Sou. « Après trois ans de remplacements en cabinet de médecine de ville, je ne me voyais pas m’installer et travailler seul. Travailler dans une structure comme EFS me convient très bien notamment en termes d’évolution de carrière, d’horaires de travail, et flexibilité. » Avec en plus, une grande satisfaction. « C’est une pratique particulière, on sauve des vies sans être confronté à la mort ou la maladie, c’est inédit dans le monde de la médecine », précise Jérôme Sin Lee Sou.

Pour remplumer ses stocks, l’EFS a également besoin de bras (et pas seulement pour prélever), pour cela, il recrute. « On a une bonne soixantaine de postes ouverts concernant le prélèvement et une trentaine pour les biologistes », précise Nicolas Tunesi. 

Portrait de Constance Maria

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