#DocteurGreen - A « Pitiéville », quartier des poubelles

Les énormes chiffres du traitement des déchets à La Pitié Salpêtrière

La Pitié Salpêtrière (APHP), c’est le plus gros hôpital d’Europe. Véritable petite ville en plein 13e arrondissement, le CHU parisien peut se targuer de rassembler les plus gros chiffres, que ce soit en superficie, en nombre de malades, en ressources humaines... mais aussi en matière de poubelles. Un casse-tête logistique et environnemental.

En 2014, la Pitié Salpêtrière, ce sont 2189 lits, répartis sur 11 pôles, pour environ 165 000 hospitalisations ou encore 580 000 consultations. En ce qui concerne le personnel, ce sont plus de 1500 médecins pour 7400 paramédicaux. Une véritable petite ville en soi. Or chaque jour, chaque individu présent génère une certaine quantité de déchets. Multiplié par le nombre de personnes investissant chaque jour les locaux de Pitiéville, le total se résume en trois mots : une montagne de poubelles.

Agnès Pradel est référente déchets et développement durable, et Jocelyne Jouchter, coordinatrice des prestations logistiques et du développement durable. Deux personnes responsables d’organiser, gérer, planifier et vérifier l’élimination des déchets de l’hôpital. A elles deux, elles tentent d’optimiser cette organisation pour générer moins de déchets à éliminer et plus de recyclage. « Il y a un enjeu écologique et économique pour l’hôpital », selon Jocelyne Jouchter.

Parce qu’à Pitiéville, ce sont 13 tonnes de déchets qui sont traités chaque jour. Et chaque jour, cela revient à environ 8200 € pour l’hôpital. Le tri est notamment un enjeu essentiel dans la gestion des ordures. Et faire la différence entre la poubelle noire et la poubelle jaune est beaucoup plus important qu’on ne pourrait le croire. La poubelle noire, ce sont les DAOM (Déchets assimilés aux ordures ménagères) : soit 8 tonnes de déchets par jour et 60% du volume des déchets. Ils représentent 29% du prix des déchets.

Quant à la poubelle jaune, ce sont les DASRI (Déchets d'activités de soins à risques infectieux) : 3 tonnes par jour ; soit 22% du volume des déchets. Mais 57% du prix des déchets. La différence de coût est due aux précautions avant élimination et à la haute température d’incinération pour les DASRI.

Or, affirme Agnès Pradel, si le tri était mieux mis en application, on estime les économies possibles « de 250 à 300 000 euros par an ». Certes, précise-t-elle, cela est à mettre « au regard du coût de nos déchets global », soit 3 millions d’euros par an en 2014. « Mais cela reste un potentiel d’économies important ». Sans parler du fait qu’ici, économie rime avec écologie.

Tous les chiffres sont de 2014.

Source: 

Cécile Lienhard

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