Des chercheurs prônent des patchs nicotiniques contre le Covid-19

Une étude menée par des médecins et chercheurs de l'AP-HP et de l'institut Pasteur s'appuie sur l'hypothèse du rôle préventif de la nicotine contre le Covid-19. 

Dans un communiqué commun publié hier 21 avril, des chercheurs du CNRS, de l’Inserm, de l’AP-HP, du collège de france et de l’institut Pasteur soulèvent l’hypothèse que le récepteur nicotinique de l’acétylcholine pourrait jouer un rôle central dans la propagation et la physiopathologie du Covid-19. Cette hypothèse est fondée, poursuit le communiqué de presse, sur deux approches scientifiques complémentaires. Dès la publication des séries initiales de patients covid-19, on a constaté un taux faible de fumeurs dans cette population. « Ce signal, dont l’interprétation était impossible en raison de nombreux biais méthodologiques, a suscité une étude française prenant en compte ces facteurs confondants qui a confirmé que les fumeurs actifs sont protégés contre l’infection par SARS-Cov-2 », établissent les chercheurs. Cette première étude a été menée au sein de l’AP-HP sur une première cohorte de 343 patients hospitalisés, et 139 patients suivis en ambulatoire. 

Un second constat, poursuit le communiqué de presse, suggère que « l’infection par le SARS-CoV-2 fait intervenir le récepteur nicotinique de l’acétylcholine […] l’état hyper-inflammatoire et l’orage cytokinique décrits chez les patients Covid-19 graves pourrait d’autre part s’expliquer par l’intervention du récepteur nicotinique. » Pour cette raison, les chercheurs concluent qu’il apparait souhaitable « d’évaluer rapidement l’impact thérapeutique des agents modulateurs du récepteur nicotinique, directs et/ou indirects, addictifs ou non-addictifs sur l’infection par SARS-CoV-2 ». Dans l’étude de jean-pierre Changeux, Zahir Amoura, Felix Rey, Makoto Miyaras sur la question, les chercheurs établissent ainsi que la nicotine peut être un agent préventif contre l’infection à covid-19. Ainsi, les chercheurs prônent l’usage des patchs nicotiniques en prévention pour la population générale ainsi que les personnes hospitalisées. Une assertion qui mérite non seulement une confirmation scientifique mais aussi de ne pas oublier que la nicotine est une substance addictive légitime pour l'accompagnement du sevrage tabagique.

 

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