Comment participer à une étude multicentrique quand on n’est pas le patron ?

Dans le monde concurrentiel de la publication, les résultats issus d’études à grands effectifs et/ou de travaux cherchant à répondre à une problématique majeure mais rare, sont très prisés car plus à même de bénéficier au patient !

Afin d’obtenir des données robustes et fiables, les études se doivent d’être multicentriques : autant pour disposer d’un grand nombre de patients, et donc d’événements, que pour assurer une certaine représentativité des résultats, les données étant issues de plusieurs centres, aux pratiques inévitablement différentes. Autrement dit, les études multicentriques à grands effectifs deviennent un goldstandard, qu’elles soient prospectives voire randomisées et donc lourdes et coûteuses, ou simplement rétrospectives. L’essor des cohortes en est une parfaite illustration.

 

Des méthodes statistiques d’ajustement sur les facteurs confondants usuellement associés aux études rétrospectives sont de ce fait en plein boom, du traditionnel cas-témoin au développement plus récent du score de propension. Au total, on l’a compris, les études multicentriques sont essentielles, et elles vont se développer !

 

Mais alors comment y participer ? Pour ces études, c’est souvent le patron, plus visible, qui est sollicité. Soit il accepte et très souvent il délègue à l'un de ses fidèles assistants cette tâche ; soit il refuse, souvent par manque de temps, parfois par manque de perspicacité quant à l’importance de participer à ces travaux collaboratifs.

 

Pour tout médecin motivé, il convient alors de se porter volontaire auprès de son patron lorsque l’on a connaissance d’une telle étude. Pas de timidité mal placée : il faut formuler clairement son intérêt. D’autant que cette démarche est souvent vue comme un signe de maturité et d’ambition de l’assistant. À tort, on attend trop souvent de sa hiérarchie les ordres alors que la clé du succès est justement de mettre en avant ses idées, ses compétences et sa motivation au moment opportun !

 

Pour les médecins qui ont compris l’importance de participer à l’effort de recherche, ces études multicentriques institutionnelles ou industrielles sont une vraie mine d’or. L’enjeu est de taille pour les services et les médecins. Car il s'agit de :

1 donner une seconde vie aux données cliniques en les recueillant pour les mutualiser à visée de recherche ;

2 se soumettre à l’évaluation de ses résultats, ce qui est un gage d’honnêteté mais aussi de progression personnelle ;

3 participer à l’effort de recherche de façon simple voire altruiste ;

4 apprendre les méthodes et la rigueur de la recherche, démarche associée à une meilleure qualité de soins ;

5 mutualiser les efforts afin que les questions posées par la recherche soient rapidement résolues avec retour au patient dans un objectif d’amélioration du soin ;

6 tirer des bénéfices de la publication à laquelle le médecin investigateur sera associé comme co-auteur avec sa valorisation financière pour l’institution via le système SIGAPS.

 

Au prorata de l’énergie fournie, la rentabilité peut donc être très élevée. Cependant, gare à l’excès de zèle ! Ne pas accepter de participer de son propre chef à une étude sans en référer à son patron ! Le retour de bâton pourrait être sévère… Car, au-delà même du possible sentiment d’être floué, toute recherche pratiquée dans son service engage la responsabilité du patron…

 

 

*Christophe Mariette est PU-PH de chirurgie viscérale (Lille), et reviewer de nombreuses revues chirurgicales ou d'oncologie (The Lancet, The Lancet Oncology, The Annals of Surgery, British Journal of Surgery…)

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