Chili : Une couverture vaccinale qui ne protège pas de la nouvelle vague

Après avoir érigé la vaccination en Saint Graal, le Chili fait face à une nouvelle vague de contaminations. Une actualité qui nous rappelle que la campagne vaccinale, à elle seule, ne pourra pas tout.

Pas le temps de souffler. Alors que le Chili se targuait d’être en tête du peloton mondial en termes de vaccination, le pays d’Amérique du Sud doit désormais composer avec une nouvelle vague d’infections.

En tout, 37 % de la population chilienne a reçu au moins une dose du vaccin depuis le début de la campagne de vaccination. Un ratio important qui emplissait les autorités de « fierté », selon les mots du ministre de la Santé Enrique Paris. « La vaccination massive représente l’espoir de reprendre nos vies [d’avant] et de prendre ceux que l’on aime dans nos bras », commentait, de son côté, le Président Sebastián Piñera, alors qu’il recevait la première dose de la solution.

Cet optimisme a malheureusement été douché par les récents chiffres épidémiques. Le 8 avril dernier, 8 195 nouveaux cas de Coronavirus ont été confirmés dans le pays. Une courbe en croissance qui se conjugue avec un taux d’occupation des lits des services de soins critiques élevé. Selon Le Monde, ce dernier avoisinerait actuellement les 95 %.

« L’épidémie est hors de contrôle, et le virus se réplique à une plus grande vitesse que lors du pic de juin 2020. Il y a eu un discours beaucoup trop triomphaliste qui a laissé penser que le vaccin était un blanc-seing. Il n’y a pas eu assez de respect des mesures barrières », a commenté Gabriel Cavada, épidémiologique et spécialiste en biostatistiques dans les colonnes du quotidien du soir. D’après une étude chilienne en effet, l’efficacité de la vaccination atteindrait 56,5 % deux semaines après avoir reçu la seconde injection. La protection induite par la première dose, quant à elle, culminerait à 3 %. Une donnée cruciale à prendre en compte dans ce pays où seul un quart de la population a reçu le schéma vaccinal complet. « Les courbes de personnes âgées malades ont baissé, ce sont maintenant les 50-70 ans, qui n’ont pas encore complété leur schéma vaccinal, qui sont plus gravement malades », précise Gabriel Cavada.

Autre information à prendre en compte pour expliquer cette tendance inquiétante, la saison ! « La courbe actuelle des contaminations n’a rien de surprenant. On vit exactement ce qu’a connu l’hémisphère Nord à l’arrivée de l’automne et de l’hiver, période également plus propice aux virus respiratoires », indique à nos confrères Miguel O’Ryan, infectiologue à l’université du Chili. Les saisons étant inversées, cette nouvelle vague de contaminations s’observe également en Argentine et Uruguay. À noter que l’épidémiologiste Gabriel Cavada s’interroge également sur la possible circulation massive du variant brésilien, « beaucoup plus contagieux ». En l’absence de chiffres officiels cependant, il est impossible de l’affirmer. « Ce qui est certain, c’est que le pays a trop tardé à [suspendre ses vols] avec le Brésil », indique-t-il.

Pour faire face à cette reprise épidémique, le gouvernement a décidé de frapper fort. Début mars, il décrétait un nouvel épisode de confinement. S’il est moins respecté que ses précédentes éditions, les experts estiment tout de même qu’une chute des contaminations et du taux d’occupation des lits devrait être observée d’ici la fin du mois. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts !

Portrait de Julia Neuville

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