Charles III, roi de la patamédecine ?

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On le sait sensible aux questions environnementales, féru d’agriculture biologique, le roi Charles III est aussi un fervent défenseur de la « biodynamie » une branche de l’anthroposophie, des médecines alternatives et de l’homéopathie…

Charles III, roi de la patamédecine ?

© Capture d'écran

On le sait sensible aux questions environnementales, féru d’agriculture biologique, le roi Charles III est aussi un fervent défenseur de la « biodynamie » une branche de l’anthroposophie, des médecines alternatives et de l’homéopathie…

Rappelons que l’anthroposophie, un courant de pensée fondé par l’occultiste autrichien Rudold Steiner est un savant mélange de pseudo-science, d’ésotérisme et de mysticisme.

Par deux fois, en 2016 et en 2017, alors prince de Galles, le fils ainé d’Elizabeth II a ainsi honoré des Congrès internationaux de biodynamie organisés par l'Ecole libre de science de l'esprit de discours dans lesquels il fustigeait la pensée « scientifique réductionniste » et la « science basée sur les preuves »

Dans son livre Harmony : A New Vision for the World (2010), il se disait même « fier d’être considéré comme un ennemi des Lumières ».

Pour illustrer la biodynamie, rapportons par exemple la « préparation 500 » obtenue à partir de bouse de vache « qui séjourne pendant les six mois d'hiver dans des cornes de vaches, elles-mêmes enfouies dans le sol. Au printemps, les cornes sont déterrées et leur contenu est soit stocké pour une utilisation ultérieure, soit dynamisé dans l'eau pendant une heure puis pulvérisé sur le sol en fin de journée (1) ».

Charles III s’est aussi beaucoup intéressé aux questions médicales. En 1982, le prince de Galles avait été élu à la présidence d’honneur de la British Medical Association. Dans son discours d’ouverture, il avait attaqué la « médecine moderne » et fait l’éloge des guérisseurs qui « s’intéressent non seulement au corps, mais aussi à l’esprit, à l’environnement et à la relation du patient au cosmos ».

Charles III guérit-il les écrouelles ?

Il s’engagera ensuite avec succès dans la bataille pour la reconnaissance de l’ostéopathie et de la chiropraxie et favorisera la mise en place de fonds de promotion de la « santé intégrative », qui vise à faire admettre des thérapies alternatives par le NHS (National Health Service). Tout au long de sa longue carrière de prince de Galles, Charles III aura ainsi transmis des notes aux ministres de la santé successifs pour défendre ces thérapeutiques.

Il avait fondé pour cela une association : Foundation for Integrated Health qui a été dissoute en 2010 après des révélations de malversations.

Plus surprenant pour un membre de la famille royale, le prince de Galles a aussi tenté de commercialiser des compléments alimentaires de « détox » à base d’artichaut et de pissenlit. Sous le feu des critiques du corps médical britannique, il les a rapidement retirés du marché.

Pour le cas spécifique de l’homéopathie, soulignons qu’il s’agit d’une tradition familiale, puisque depuis l’origine cette médecine a sa place à la Cour. Elizabeth II et la reine-mère avaient ainsi un homéopathe attitré.

On ne sait en revanche si Charles III pense pouvoir guérir les écrouelles comme ses ancêtres Stuart…

Mais devait-on s’attendre à ce que la rationalité scientifique soit au cœur des préoccupations d’un monarque de droit divin ?

Par Frédéric Haroche
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