Arrêts de travail : les généralistes mèneront la bataille

Harcèlement de l'Assurance maladie

Ce vendredi, le syndicat de médecins généralistes MG France a fait savoir tout le bien qu’il pensait de l’Assurance maladie et de sa politique concernant la prescription d’arrêts de travail. « Harcèlement », « absurdité », « guerre » les mots sont forts.

« Harcèlement », le mot est lâché. Entre les généralistes et l'Assurance maladie le torchon brûle. Ce vendredi, le syndicat de médecins généralistes, MG France, s’en est pris à la CNAM. Les libéraux reprochent à l’institution de les harceler lors de la prescription d’arrêts de travail. Dans un récent communiqué de presse, le syndicat invite carrément les médecins à réclamer un médecin-conseil dans les cas où la durée d’un arrêt excèderait une semaine. Pour se protéger.

« L’arrêt de travail fait partie de l’arsenal thérapeutique du médecin. Il est un outil indispensable dans un monde professionnel de plus en plus dur », rappelle MG France. « Les médecins généralistes qui ont, pour l’essentiel, la responsabilité de le prescrire sont pourtant la cible d’un harcèlement croissant de la part de l’Assurance maladie. »

16 600 généralistes dans le collimateur

Le syndicat considère que les méthodes de contrôle de leur tutelle ne s’intéressent ni aux motifs, « ni même au fait que ces arrêts sont parfois déjà validés par le médecin-conseil pour les arrêts de longue durée (cancer, dépression sévère). » « Seul le nombre total de jours d’arrêt prescrits par le médecin intéresse l’Assurance maladie, dès lors qu’il déroge à des moyennes statistiques », fustige MG France.

Pour rappel, la CNAM prévoit une économie de 100 millions d’euros en 2018. L’APM rapporte que cette dernière aurait déployé « une stratégie d’accompagnement » auprès de 16 600 généralistes. Ainsi, les surprescripteurs seront entendus par des médecins-conseils. Et ils risquent de faire l’objet d’une procédure de mise sous objectifs (MSO) en cas de non-modification de leurs pratiques.

La guerre est déclarée

Aujourd’hui, les généralistes se considèrent donc « en guerre » contre l’Assurance maladie. « Depuis des mois les procédures se multiplient en région, rajoutant à l’épuisement professionnel des médecins un sentiment profond d’injustice dans un contexte professionnel difficile », précise MG France. A terme, ces omnipraticiens craignent que « l’absurdité des procédures » incite les médecins de famille concernés à renvoyer des patients atteints de pathologies lourdes vers leurs confrères afin « d’alléger leurs statistiques ».

Pour la suite, MG France en appelle aux pouvoirs publics. « Soit ils continuent à demander aux médecins de gérer cet acquis social et les délivrent de cette pression injuste, soit ils décident de confier cette tâche aux médecins-conseils des caisses. » Trop, c’est trop !

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

Portrait de La rédaction

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