Annulation de la procédure de choix des internes : le Snjmg propose de voter sur une grève éventuelle

Suite à la décision de l’ARS Île-de-France de convoquer une nouvelle commission de répartition pour établir de nouvelles modalités de répartition des internes de MG, le SNJMG a demandé à l’ARS de revenir sur sa décision d’organiser de nouveaux choix. Et a ouvert une procédure de vote "pour" ou "contre" la grève.

Si vous avez suivi l’actualité de ces derniers jours, vous avez sans doute entendu parler de l’annulation de la procédure de choix des internes de MG franciliens pour le semestre d’hiver 2019. Tout cela en raison d’une erreur administrative : un interne qui aurait fait ses six semestres a été convoqué par erreur à la procédure de choix, et en a choisi un (lire à ce sujet notre interview d’Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS d' Île-de-France, qui reconnait sa part de responsablité).

Conséquence : une nouvelle commission de répartition des postes d'internes en Île-de-France a été convoquée pour établir de nouvelles modalités de répartition des internes de MG en Île-de-France. Selon Aurélien Rousseau, « sur les 490 internes de médecine générale qui vont faire un nouveau choix, il y en a une soixantaine dont les choix vont être modifiés ».​ Opposé à cette décision, le SNJMG a ouvert une procédure de vote « pour » ou « contre » la grève (lire ci-dessous).

Plan de défense sur 4 axes

Décidé à venir au secours des « internes qui pouvaient se sentir méprisés par le comportement de l’ARS », le SNJMG a articulé son plan de défense sur 4 axes :
- vérifier la validité juridique de la décision de l’ARS ;
- organiser une consultation de tous les internes pour déterminer la meilleure réponse à faire à l’ARS ;
- donner les moyens aux internes de s’opposer efficacement à la décision de l’ARS (la grève étant le moyen le plus puissant, la décision était prise de déposer un préavis à compter du 28 octobre) ;
- proposer une solution alternative pour les choix de stages hospitaliers.

Lors d’une réunion avec l’ARS le 22 octobre, la présidente du SNJMG, Sayaka Oguchi, a demandé à l’ARS de revenir sur sa décision d’organiser de nouveaux choix. Autre solution suggérée : que les internes concernés choisissent entre garder le poste qu’ils avaient pris ou changer un nouveau poste disponible.

Préjudice d’angoisse

Lors d’une nouvelle réunion avec l’ARS le lendemain matin, le SNJMG a condamné la gestion « managériale » des internes par l’ARS et rappelé le préjudice d’angoisse subi par les internes suite aux décisions de l’ARS. Avant de demander à nouveau une alternative à l’annulation/reconvocation des choix.

Mais, selon le SNJMG, l’ARS serait restée sur la même position officielle au lendemain de la réunion de répartition :
- nouveaux choix les 28 et 29 octobre 2019 avec facilitation des procédures de procuration
- une liste des postes comportant l’amélioration souhaitée des postes en pédiatrie, la suppression des postes de MAP/urgences/gynéco non pourvus lors des choix de début octobre ainsi que d’une centaine de postes de pédiatrie et d’une vingtaine de postes en MAP et gynéco
- un suivi personnalisé des internes contraints de changer de poste avec compensation financière de 400 euros bruts par mois pendant les 6 mois de stage et accompagnement pour les problèmes d’hébergement, de garde d’enfants, etc.. 

Par ailleurs, « à aucun moment dans l’entretien, il n’a été question pour l’ARS de s’excuser auprès des internes », regrette le SNJMG qui, au vu de ce refus de l’ARS de changer de décision, a ouvert la procédure de vote « pour » ou « contre » la grève.

Le syndicat rappelle également que, « suite à une mauvaise préparation, les choix de stages hospitaliers des 8, 9 et 10 octobre 2019 ont abouti à une faible présence d’internes dans certains services de pédiatrie. Sans surprise, ces services étaient en grande partie soit des services présentant de mauvaises évaluations des précédents internes soit des services posant de gros problèmes de transport ». Or, l’ARS n’aurait fait « aucune référence à la valeur formatrice des stages ».

Telles sont les raisons pour lesquelles le SNJMG demande à tous les internes de médecine générale (syndiqués ou pas) de faire entendre leur avis en votant pour ou contre la grève.
Vous trouverez ici le formulaire de vote en ligne.
 

Portrait de Julien Moschetti

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