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Les praticiens diplômés hors de l'Union européenne (Padhue) étaient en 2022 « environ 18 000 en France avec, pour la plupart, des autorisations d'exercice à titre temporaire » dans les hôpitaux, soit un statut précaire, a rappelé Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyens de médecine, lors d'une conférence de presse.
Depuis, le gouvernement a mis en place une procédure — modifiée en 2024 et 2025 — pour les régulariser progressivement, avec deux étapes : une épreuve d'évaluation des connaissances (EVC) chaque année, puis pour les lauréats « un parcours de consolidation des compétences (PCC) », soit un stage de deux ans dans des services hospitaliers.
Hausse massive d'internes
Après 2 700 postes de stage ouverts en 2023 et 4 000 en 2024, 4 400 postes ont été ouverts cette année, dans deux catégories : une voie interne, pour les médecins déjà en France, prioritaires sur 4 000 postes ; et une voie externe, avec 400 postes ouverts pour ceux qui candidatent depuis l'étranger.
Environ 3 000 Padhue ont candidaté sur la voie interne, et 9 000 personnes sur la voie externe. « Les résultats ne sont pas encore connus mais » « au moins 4 000 Padhue » entreront « très probablement » en stage au printemps prochain, a dit Isabelle Laffont.
Afin de coller aux besoins en médecins des territoires, les ARS ont réalisé une évaluation. Le ministère doit décider où exerceront ces Padhue et, pour la première fois, les facultés de médecine seront chargées de suivre et valider leur parcours.
Les doyens sont favorables à ces régularisations mais « des difficultés sont en train de poindre », a alerté Isabelle Laffont. D'une part, tous les lieux de stage n'auront pas forcément « un agrément pour la formation des internes », et il n'y a « aucune certitude » que les Padhue restent une fois leur régularisation effective, a-t-elle observé.
D'autre part, c'est « une charge de travail supplémentaire » pour les facultés, qui n'a « pas été anticipée ». Environ 10 000 nouveaux internes devraient intégrer en novembre les hôpitaux français et avec ces 4 000 Padhue, « on rajoute quasiment 50% d'effectifs supplémentaires » d'étudiants à suivre, a-t-elle expliqué.
Les doyens suggèrent de « réguler un peu plus le nombre de Padhue » admis, pour « préserver la qualité de la formation », a-t-elle conclu.
Avec AFP
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