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En novembre 2023, la SNCF, via sa filiale Gares & Connexions, annonçait le déploiement de centres de télémédecine « dans près de 300 gares » à l’horizon 2028, avec l’objectif explicite de renforcer l’accès aux soins dans les zones sous-dotées. Le dispositif repose sur une présence paramédicale sur site – souvent une infirmière – accompagnant le patient lors d’une téléconsultation avec un médecin généraliste.
À l’époque, le projet s’inscrivait dans une dynamique politique plus large de promotion de la télémédecine comme outil de désengorgement du système de soins. Le ministre de la Santé d’alors, Aurélien Rousseau, évoquait ainsi « un outil complémentaire » du parcours de soins, sans vocation à se substituer à la médecine présentielle.
Une concrétisation très limitée
Deux ans et demi plus tard, le décalage entre l’annonce et la réalité est manifeste. Une seule implantation a vu le jour, en mai 2025 à Épinay-sur-Orge, commune dépourvue de médecins généralistes. Depuis, aucune généralisation n’a été engagée.
Selon Gares & Connexions, cette première expérimentation constitue néanmoins « une réussite », avec « plus d’un millier de patients reçus » comme l’explique Ouest-France. Mais cette validation locale ne suffit pas à enclencher un déploiement massif.
Le principal obstacle identifié est économique. Comme le résume une porte-parole de l’entreprise ferroviaire : « le modèle économique reste un enjeu clé : il est indispensable d’embarquer des partenaires pour passer à une phase de généralisation ». Le coût d’implantation est élevé : environ 400 000 euros pour le premier site, selon le dirigeant de Doxamed, partenaire exclusif du projet.
Un projet freiné par des résistances structurelles
Dès son lancement, le dispositif avait suscité des réactions contrastées. L’Ordre des médecins avait notamment exprimé ses inquiétudes face à un risque de dérégulation du système de santé, pointant une possible banalisation de la téléconsultation hors cadre coordonné.
À ces freins professionnels s’ajoutent des contraintes budgétaires. Le modèle initial reposait en partie sur un cofinancement par les Régions, qui ne s’est pas matérialisé. Les restrictions budgétaires décidées fin 2023 ont refroidi les partenaires publics potentiels, compromettant l’essaimage du dispositif.
Un projet concurrencé par d’autres politiques publiques
Le ralentissement du projet s’inscrit aussi dans un contexte de redéfinition des priorités en matière d’accès aux soins. Le gouvernement a parallèlement mis en avant le développement des structures de proximité, avec un objectif de 5 000 Maisons France Santé d’ici 2027, assorti d’un soutien financier pouvant atteindre 50 000 euros par structure.
Le modèle reste donc aujourd’hui expérimental. Et sauf inflexion majeure – notamment sur le financement et les partenariats – il apparaît peu probable que l’objectif initial de 300 centres soit atteint d’ici 2028.
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