Ici et ailleurs

Mohamed Kahouadji, stomato et peintre

Des couleurs vives, des caméléons, des babouins, des gorilles, Mao ou Frida Kahlo… l’univers de Mohamed Kahouadji, peintre et stomatologue, est résolument pop ! À l’image de ses portraits humains ou animaliers, il pose un regard tranquille sur le monde.

What’s up Doc. Depuis quand fais-tu de la peinture ?

Mohamed Kahouadji. Je pratique la peinture au pinceau depuis l’âge de 11 ans. Au lycée je peignais des mangas, des graffitis. Je n’ai pas de formation artistique, mais je ne me considère pas comme un autodidacte, parce que j’ai appris dans les livres. Comme pour la guitare, les langues ou la cuisine… Mais on apprend vraiment son métier en le pratiquant, c’est exactement comme pour la chirurgie.

WUD. Dans quelles conditions peux-tu peindre ?

MK. Depuis 9 ans, je suis stomato à mi-temps à Cholet et j’ai un atelier à la maison. Mais l’organisation change, car nous attendons un bébé qui bientôt occupera la place. En mai j’emménage dans un nouveau cabinet qui travaille avec la Clinique de l’Europe à Saint-Nazaire. Ils mettent à ma disposition un local pour peindre. I

WUD. Et pourquoi avoir choisi la stomatologie ?

MK. J’ai aimé tous mes stages de médecine. Pendant l'un d'eux, un chef de clinique m’a dit de réfléchir à l’activité qu’on a en clinique. « Pense à l’intervention que tu vas faire tous les jours ! Enlever des amygdales en ORL, faire des liposuccions… et vois ce qui t’ennuiera le moins. » Enlever des dents de sagesse est un geste qui m’a plu !

WUD. Qui achète tes toiles et comment évolue ton travail ?

MK. Essentiellement les collègues médecins et les retours sont plutôt positifs. J’expose depuis mes débuts, pendant mon 2e cycle à Lariboisière Saint- Louis puis mon internat à Angers. J’exerçais donc une double activité avant ma thèse et, très tôt, j’ai gagné des concours de peinture. Mon travail a tout de suite eu des défauts qui plaisaient ! Des tics d’écriture, des motifs répétitifs… une écriture artistique qui a été appréciée. Le travail évolue, mais avec une patte, un style reconnaissables.

WUD. Où exposes-tu ?

MK. Auparavant j’exposais à Paris, Londres, Lyon. Un gros travail de relations publiques et de transport. Maintenant, j’expose en permanence dans une galerie d’Angers, la « Art Chapel Gallery ». C’est une ancienne chapelle à côté de la cathédrale. Un très beau lieu avec des vitraux et une belle lumière qui met bien les œuvres en valeur. C'est plus paisible d'exposer en province. À Paris, on est toujours débutant et on ne respecte pas toujours votre travail.

WUD.Quels sont tes thèmes de prédilection ?

MK. Je suis surtout coloriste et je peins d’après photo, essentiellement des portraits animaliers, à part les tigres que je fais de tête, car ma fille m’en a beaucoup demandé. Je réalise aussi des portraits humains et quelques sculptures en acier inspirées des origamis. Je ne fais pas des choses compliquées et je ne connais pas la panne d’inspiration. Sur mes toiles, la lumière vient toujours de gauche à droite, et les yeux sont toujours les mêmes. Pas besoin de drogue ni de cauchemars pour créer !

WUD.Et si tu devais choisir entre tes deux métiers ?

MK. J’aime cet équilibre harmonieux qui me laisse du temps pour peindre, cuisiner… Ne faire que son métier, est-ce forcément épanouissant ?

https://artchapelgallery.fr/projects/mohamedkahouadji-

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