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Depuis le 1er janvier 2021, date de sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, des médecins français, franco-britanniques ou britanniques formés outre-Manche se trouvent dans une situation juridique bloquée. Alors que leurs études avaient débuté dans un cadre pleinement européen, leurs diplômes ne bénéficient plus d’une reconnaissance automatique en France.
Assimilés à des praticiens diplômés hors Union européenne, ils doivent désormais passer par une « autorisation individuelle d’exercice », une procédure longue et incertaine, qui empêche nombre d’entre eux de s’installer dans l’Hexagone, parfois pendant plusieurs années.
Une situation dénoncée de longue date
Résultat : des parcours professionnels suspendus et des vies personnelles bouleversées. Certains médecins continuent à travailler au Royaume-Uni faute d’alternative, d’autres se sont exilés en Suisse, au Québec ou ont renoncé temporairement à exercer la médecine. Le Figaro cite une interne formée à Londres qui raconte avoir eu « l’impression d’être rayée comme médecin en France ».
Un texte pour sortir de l’impasse
Une proposition de loi portée par le député Vincent Caure (EPR), vise à instaurer un régime transitoire pour les médecins ayant commencé leurs études au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020. Le texte permettrait de leur appliquer une procédure comparable à celle existant avant le Brexit, sans passer par le régime des Padhue.
Le gouvernement a engagé une procédure accélérée sur ce texte. Lors de son examen en commission des affaires sociales, le 14 janvier, il a recueilli un large consensus politique, de La France insoumise au Rassemblement national, laissant entrevoir une adoption prochaine à l’Assemblée nationale.
Une libération attendue par les praticiens
Pour les médecins concernés, l’enjeu est majeur. « Ce texte nous redonnerait un horizon », confie l’une d’entre eux au Figaro. Tous espèrent pouvoir enfin exercer en France, là où vivent leurs proches, et répondre aux besoins de soins sur des territoires en forte tension.
Le vote d’aujourd’hui pourrait ainsi marquer la fin d’un blocage hérité du Brexit, et permettre à ces praticiens, retenus jusqu’ici à l’étranger, de rejoindre enfin le système de santé français.