Malgrés le froid, ils sont des milliers à s’être déplacés pour manifester. Climax du mouvement de grève en cours, syndicats et libéraux se rejoignent sur la place du Panthéon. Par dessus les manteaux d’hiver, presque tous arborent leur blouse. Sur les pancartes et banderoles des messages : « Médecins traitants maltraités », « Oui à la médecine pour tous », ou encore « Nous ne sommes pas des fraudeurs. »
Peu avant le départ prévu à 14h, les soignants se mettent en place. La colère est là, mais l’ambiance aussi ! Sur le char du syndicat MG France, un groupe de musique porte les manifestants.
Les têtes de liste des syndicats sont en première ligne. Tous tiennent une longue banderole qui résume parfaitement leurs revendications : « Maltraiter les soignants, c’est maltraiter les patients. » Ils s’élancent, la marche est lancée.
Interpeller les passants
Au sein du cortège, les portes paroles des syndicats, entre deux slogans, s’adressent aux passants du Boulevard Saint Michel (Paris 6).
« Nous sommes vos médecins et nous manifestons pour votre santé. » Au milieu de la foule, difficile de distinguer la personne qui s’exprime. L’homme explique en quelques mots pourquoi les médecins sont dans la rue, et en quoi cela concerne tout le monde.
Mélanie Dubarreix, présidente de l’ISNI, nous l’a rappelé clairement : « Si nous sommes là, c’est pour les patients. Nous, internes, sommes l’avenir de la professions et nous souhaitons exercer une médecine de qualité. C’est justement ce que la LFSS cherche à nous enlever. »
Des mesures « liberticides »
Philippe Cuq, président de l’UCDF et co-president du syndicat Le Bloc, lors de la conférence de presse en amont de la marche a tenu à rappeler que ce mouvement résulte d’un ensemble de choix politiques qui ont mis « le feu au poudre. »
Selon lui, la LFSS cherche à contraindre la médecine libérale. Inacceptable pour les syndicats, et pour les centaines de médecins ayant défilé aujourd’hui.
Agnès Gianotti, à la tête de MG France, balaye l’ensemble des points de discorde : une dérive vers une médecine des quotas, une remise en cause du cadre conventionnel, mais aussi une volonté du gouvernement de décider à la place des patriciens de la meilleure façon de soigner. Évoquant, notamment, les mesures pour limiter la prescription d’arrêts de travail.
Peu d’écoute, et peu de soutien
Jérôme Marty, président de l’UFML-S, quant à lui, déplore l’inaction du ministère, et des élus en général. « L’ensemble de la sphère politique est au courant de nos revendications. Pour autant, ils ne viennent pas à notre rencontre. Stéphanie Rist se contente de répéter que "sa porte est ouverte". Cela ne nous suffit pas. »
Agnès Gianotti (MG France) rebondit : « Une grande partie des sénateurs affirment nous soutenir, mais que font-ils vraiment pour nous aider ? »
Si le soutien des politiques laisse à désirer selon l’intersyndicale, les étudiants en médecine, eux, ont bel et bien répondu présent.
Marion Da Ros Poli, présidente de l’Anemf, affirme : « C’est normal d’être là. Par solidarité avec la profession, et parce que c’est un mouvement d’ampleur historique. En tant que futurs acteurs du système de santé, nous souhaitons que cette situation change. »