Un chatGPT spécial radiologues, nouvelle innovation made in France

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Pour répondre à « l’augmentation » du volume d’imagerie médicale ces dernières années, la radiologue Hala Jenoudet a créé Mata, une plateforme qui utilise l’IA générative pour assister le médecin du diagnostic jusqu’au compte rendu. Un outil à vocation internationale, déjà disponible en cinq langues.

Un chatGPT spécial radiologues, nouvelle innovation made in France

 © L'interface de la plateforme Mata et la Dr Hala Jenoudet, radiologue et fondatrice de Mata.

« En dix ans, le nombre d’imageries médicales a augmenté de 40% », explique Hala Jenoudet, spécialiste en imagerie cardiovasculaire, et fondatrice de Mata, start-up basée à la technopole de Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes). Sur la même période, la démographie radiologique a également augmenté, mais « beaucoup plus lentement »

Pour aider les professionnels de l’imagerie confrontés à cette hausse de la demande et au « vieillissement des outils », la radiologue, également diplômée en stratégie d’entreprise et de finance, s’est lancée dans le projet Mata, un assistant médical 5.0.

À partir d’une immense base de données, Mata utilise l’IA générative pour fournir instantanément au médecin les éléments textuels et visuels nécessaires à la pose du diagnostic dans une situation clinique donnée. La plateforme participe également à la rédaction du compte-rendu de la consultation. 

L’outil se vend aux professionnels de l’imagerie sous forme d’abonnement pour une trentaine d’euros par mois.  « On voulait que le prix soit accessible pour que ce ne soit pas un frein pour les jeunes médecins », explique Hala Jenoudet, qui a lancé le projet l’année dernière. 

Le Chatbot de l’imagerie médicale 

Après avoir sélectionné la langue, l’utilisateur arrive sur l’interface de l’agent conversationnel, comportant la partie texte sur la gauche, et la partie ressource d’imagerie sur la droite de l’écran. 

Dans la barre de chat en bas, l’utilisateur pose sa question et la plateforme y répond quasi-instantanément en texte et en image. « Exemple : je pose la question suivante : "comment interpréter une IRM de la cheville ?" », illustre Hala Jenoudet. En quelques secondes, Mata détaille à l’écrit une liste d’une vingtaine de lignes, comprenant toutes les informations nécessaires à cette interprétation. Elle génère au même moment une banque d’images de cas cliniques relatifs à la cheville.

Et pour le compte-rendu, l’autre fonctionnalité de la plateforme, c’est sensiblement la même chose. La praticienne demande au chatbot de rédiger un compte rendu de consultation pour une embolisation prostatique. Là encore, la plateforme rédige le compte-rendu qui comprend les antécédents familiaux, l’examen clinique, l’imagerie, la discussion et conclusion. 

« L’idée, c’est de concentrer le médecin là où il a le plus de valeur, donc sur l’interprétation de l’image, et de lui faire économiser du temps sur des tâches, entre guillemets, moins intéressantes », explique la radiologue fondatrice. 

« Un développement continu » 

Pour sa première version disponible, l’outil, disponible en cinq langues, comporte quelque 60 000 cas cliniques, et 6 000 cas supplémentaires y seront intégrés dans les quinze prochains jours. 

« C’est un développement continu qui concerne plusieurs fonctionnalités de la plateforme », certifie la fondatrice, qui envisage de développer également la capacité de reconnaissance d’images de son outil. Dans les versions futures, on pourrait ainsi imaginer fournir une IRM à Mata, qu’elle serait en mesure d’interpréter elle-même. 

Pour autant, « Mata ne se substitue pas à l’expertise du médecin, c’est d’ailleurs grâce aux connaissances médicales qu’elle a été développée », rappelle-t-elle. 

La plateforme comporte également un module « cours » en voie de développement, destiné à apporter une dimension formatrice aux jeunes radiologues, qui consistera en une bibliothèque de cours de PU-PH de renom. 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/de-dr-google-dr-chatgpt-quels-sont-les-risques-de-lautodiagnostic-en-ligne

Et côté langues, l’outil multilingue ambitionne de se diversifier encore plus, pour atteindre un nombre toujours plus élevé de radiologues à travers le monde. La start-up de cinq personnes travaille en ce moment-même sur une version en mandarin. 

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