« Teva, j’en veux pas » : Pression pour les uns, pense-bête pour les autres

Les auto-collants « Teva, j’en veux pas », une pression à la prescription ? Le mouvement BDS, à l’origine de ces stickers, s’en défend.

Un mémo pour les militants, un trouble à la sérénité de la consultation pour les syndicats. Depuis quelque temps, la campagne BDS est accusée de faire pression sur la prescription du médecin traitant au travers de stickers "Teva, j'en veux pas" apposés sur les cartes vitales. Un objectif dont se se défend le mouvement. « Notre campagne n'a jamais été à destination des médecins », argue Mohamed Paz, militant de longue date.

Déjà BDS, c'est quoi ? Pour boycott, désinvestissement, sanctions, ce mouvement, qui se revendique antiraciste et non-violent, a pour objectif de contraindre Israël « à respecter le droit international ». Un combat qui passe depuis environ cinq ans par le boycott de la marque israélienne Teva. « Une militante de notre groupe prenait pas mal de médicament, raconte le militant. Malgré ses convictions, elle s’est rendue compte qu’elle avait plein de boites de médicaments du groupe Teva. C’est de là qu’est venue l’idée du sticker ».

Imaginé comme pense-bête, cet auto-collant aurait pour objectif de rappeler au militant ses convictions lors de son passage en caisse en pharmacie. « Ce sticker nous rappelle, à nous patients, de demander un alternative, une commande ou simplement de changer d’officine », indique Mohamed Paz. Un positionnement qu’il s’autorise par « le cadre commercial » qu’offre la pharmacie. « C’est notre droit de consommateur de décider à quel laboratoire nous souhaitons donner de l’argent », argue-t-il.

Pour les syndicats CSMF et SML pourtant, ces auto-collants pourraient s’apparenter à une pression à la prescription.  « [La consultation médicale] ne peut pas faire l’objet d’une pression quelle qu’elle soit, sous quelque forme que ce soit y compris sur la prescription médicamenteuse », écrivait le Président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, dans un communiqué. Une prise de position qui s’accorderait avec la posture du mouvement BDS, selon Mohamed Paz : « La campagne n’a pas pour vocation de remettre en question la prescription médicamenteuse. Nous n’avons aucune connaissance médicale. La santé passe avant tout ». Cela, sans oublier que les médecins font rarement référence à un laboraroire dans leurs ordonnances. 

Pour lui, pas de doute : c’est en pharmacie que tout se passe. Des cas d’échanges houleux entre médecin et patient seraient pourtant remontés aux oreilles des syndicats. « Si cela a pu arriver, je n’en ai pas eu l’écho », indique Mohamed Paz qui souligne qu’il vaut mieux éviter d’évoquer le sujet dans le cabinet du médecin généraliste. « L’unique fois où mon médecin m’a interrogé sur ce sujet, j’ai répondu très brièvement que c’était un laboratoire que je souhaitais boycotter, explique-t-il. Mais il est aussi possible de ne pas répondre ». Et pour cause, pas question de « discuter » avec un médecin « qui détient notre santé entre ses mains ».

Portrait de Julia Neuville

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