Téléconsultation : l'avenir de la garde ?

Des généralistes dispos 24h sur 24 chez Axa

L'assurance a trouvé le filon pour attirer les entreprises : la santé. Un coup de téléphone à n'importe quel moment de la journée, et hop, un généraliste au bout du fil. Mais cela relance le débat de la téléconsultation : est-ce l'avenir de la garde ?

Axa a employé 29 médecins généralistes/urgentistes pour répondre aux questions de ses assurés, à tout moment donc, et à tout endroit. Un service gratuit pour éviter la précipitation aux urgences ? Ou un médecin dispo "si jamais", moyen de rassurer les clients hypocondriaques ?

Parce que pour les patients, la téléconsultation n'est pas une évidence. Des numéros sont déjà à leur disposition, et malgré ça, les urgences ne désengorgent pas... Par ailleurs, les médecins se désengagent de plus en plus de ces "télégardes". Les raisons ? Conditions de travail difficiles, rémunérations insuffisantes, et des appels trop rares pour justifier une permanence au beau milieu de la nuit. Et finalement, pas de véritable consultation au bout du fil : pas d'examen clinique possible, on ne s'occupe donc que de petits "bobos", et la plupart du temps on se borne à renvoyer le patient vers son médecin traitant. Parce que ça ne remplace pas une vraie garde physique.

D'ailleurs, ces gardes diminuent : le Conseil de l'Ordre a publié son bilan annuel de la permanence des soins en avril dernier. Il pointe une baisse du nombre de gardes et de participants, et s'en inquiète. En 2013, il demandait déjà à l'Etat la mise en place d'une meilleure organisation.

Alors, la téléconsultation, un moyen d'avenir pour désengorger les urgences et contrer la baisse du nombre de garde ? Encore faudrait-il sensibiliser le patient sur l'utilité du service : décrochez votre téléphone avant de démarrer la voiture.

Ou alors faut-il tout simplement se donner les moyens de mettre en place une véritable organisation de gardes physiques, comme le demande l'Ordre : en proposant notamment au médecin une qualité d'exercice et une rémunération adaptée.

Source: 

Cécile Lienhard

Portrait de La rédaction

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