© Midjourney x What's up Doc
Les médecins français ont-ils le sentiment d’être suffisamment rémunérés ? Pour une large majorité des praticiens interrogés par Medscape, la réponse est non : 70 % estiment que leur travail n’est pas payé à sa juste valeur, selon une enquête publiée le 17 septembre.
Ce mécontentement est encore plus marqué chez les moins de 45 ans, qui sont 80 % à juger leurs revenus inadéquats, contre 68 % des médecins plus âgés.
Un sentiment qui intervient alors que le temps de travail déclaré tend plutôt à augmenter. Plus d’un tiers des répondants disent avoir travaillé davantage en 2025 qu’en 2024. Cette hausse concerne particulièrement les jeunes médecins : 14 % des moins de 45 ans déclarent une augmentation de leur temps de travail comprise entre 11 et 25 %, et 7 % une hausse supérieure à 25 %.
Plus de neuf heures par semaine hors consultation
L’enquête souligne aussi le poids du travail réalisé en dehors des consultations. Les médecins déclarent consacrer plus de neuf heures par semaine en moyenne à des activités qui ne correspondent pas directement à la prise en charge des patients : tâches administratives ou de gestion, réunions, recherche, enseignement ou encore revue de la littérature.
Chez les praticiens hospitaliers, ce temps atteint en moyenne douze heures par semaine. Un médecin hospitalier sur dix déclare même y consacrer au moins 25 heures hebdomadaires.
Or, selon l’enquête, seul un quart des médecins interrogés disent être rémunérés pour ces activités annexes. C'est davantage le cas à l'hôpital (36 %) qu'en libéral (8 %). « Beaucoup de travail administratif de manière générale mais en plus non rémunéré ! Quel autre métier que le soin ferait ça ? », témoigne auprès de Medscape un généraliste de 63 ans.
Gardes et astreintes également pointées du doigt
Plusieurs médecins interrogés dénoncent également une rémunération des gardes, astreintes et heures supplémentaires qu'ils jugent insuffisante au regard de leur pénibilité.
« La rémunération des gardes de nuit et des week-ends est indécente (422 € bruts !) », estime ainsi auprès de Medscape un médecin de 54 ans spécialisé en réadaptation. Une psychiatre de 52 ans appelle, elle, à « revaloriser les gardes ».
Plus largement, trois médecins interrogés sur cinq estiment être soumis à une fiscalité trop élevée. Seul un peu plus d'un tiers considère ses obligations fiscales comme équitables.
L’enquête a été réalisée en ligne entre le 2 mars et le 1er juillet 2026 auprès de 944 médecins exerçant en France. Les résultats, non pondérés, « ne peuvent pas nécessairement être projetés sur une population plus large », précise Medscape.
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