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Le déficit de la Sécurité sociale devrait encore progresser d'au moins 7 % en 2026, à 23,2 milliards d'euros, selon les prévisions de la commission des comptes de la Sécurité sociale établies au printemps et en cours de mise à jour.
L'objectif affiché pour 2027 marquerait une inversion de la tendance observée depuis 2023, année où le déficit était descendu à 10,8 milliards d'euros, avant de repartir à la hausse en 2024 et 2025.
2 milliards d'euros d'économies sur les arrêts maladie
« Nous comptons faire des efforts sur les arrêts maladie, pour environ 2 milliards d'euros », a annoncé jeudi le Premier ministre Sébastien Lecornu, sans préciser l'ensemble des mesures envisagées. Les indemnités versées au titre des arrêts maladie ont représenté 17,9 milliards d'euros en 2025.
Le gouvernement a déjà décidé d'abaisser de trois ans à un an la durée d'indemnisation dont bénéficient à titre dérogatoire certains patients, notamment en cas de dépression légère ou de troubles musculo-squelettiques. Selon le ministère de la Santé, la mesure permettrait d'économiser plusieurs centaines de millions d'euros.
Un décret est également en préparation pour abaisser le plafond de salaire pris en compte dans le calcul des indemnités journalières après un accident du travail ou en cas de maladie professionnelle, avec un objectif de 270 millions d'euros d'économies.
Les autres mesures permettant d'atteindre les 2 milliards d'euros annoncés n'ont pas encore été dévoilées. La Cour des comptes a notamment suggéré d'étendre le délai de carence, correspondant aux premiers jours d'arrêt non indemnisés par l'Assurance maladie, ou d'instaurer une « carence d'ordre public », qui ne pourrait plus être prise en charge par l'employeur.
Moins de remboursements sur certains soins dès janvier
D'autres économies sont, elles, déjà actées. Dès janvier, la part prise en charge par l'Assurance maladie sur certains soins doit diminuer, avec l'objectif d'économiser plus d'un milliard d'euros par an.
Les consultations chez le dentiste, certains soins dentaires et les dispositifs médicaux seront remboursés à 50 % par l'Assurance maladie, contre 60 % actuellement. La prise en charge des transports sanitaires passera de 55 % à 50 %.
L'Assurance maladie doit également réduire sa prise en charge de médicaments dont le service médical rendu est jugé faible, comme la Bétadine, le Gaviscon ou certains bains de bouche, ainsi que de médicaments au service médical rendu jugé moyen, notamment certains laxatifs.
Le plafond annuel des franchises médicales et participations forfaitaires doit par ailleurs passer en octobre de 100 à 140 euros. Ces sommes, qui restent à la charge des patients complémentaires, comprennent notamment 1 euro par boîte de médicaments, 2 euros par consultation médicale et 4 euros par transport sanitaire.
Avec AFP