Réforme du troisième cycle : une affaire qui roule ?

Le point à quelques mois de l’échéance

La Grande conférence de santé a confirmé en février que la réforme du troisième cycle doit aboutir à la rentrée 2017. Est-on sur le point de voir s’achever un feuilleton vieux de plusieurs années ? Réponse avec les principaux acteurs du dossier.

 

La rentrée 2017, cela peut paraître loin. Loin ? Pas pour tout le monde. Le Pr Benoît Schlemmer aurait plutôt tendance à considérer que cette échéance est particulièrement proche. Et pour cause : l’ancien doyen de Paris 7 est chargé de la réforme du troisième cycle des études médicales, qui doit être effective dans moins de 18 mois.

« Tout doit en réalité être prêt pour cet été », confie-t-il. « La réforme suppose notamment qu’un certain nombre de décrets passent devant le Conseil d’Etat, puis que les Agences régionales de santé (ARS) agréent les lieux d’accueil des internes. Cela prendra un certain temps. »

Dix DES de plus

Alors, où en est-on ?  Une première étape a été franchie en novembre, avec la parution de la liste des Diplômes d’Etudes Spécialisées (DES). Celle-ci prévoit 43 diplômes au lieu des 30 actuels, ce qui permettra notamment à chaque spécialité chirurgicale de bénéficier de son propre DES.

« Maintenant, nous sommes sur les maquettes d’enseignement, et surtout sur l’énoncé et l'évaluation des compétences propres au métier que recouvre chaque spécialité », précise Benoît Schlemmer. Car l’ancien doyen l’affirme : « la philosophie de la réforme, c’est que les DES doivent préparer à des métiers ».

Consensus

A en croire les représentants des étudiants et des internes contactés par What’s Up Doc, la réforme avance bien. « Il y a de la concertation, des discussions, c’est plutôt positif », estime Maxime Rifad, vice-président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) chargé des perspectives professionnelles.

« En ce qui concerne la médecine générale, on est d’accord sur le fond, il faudra seulement se mettre d’accord sur l’harmonisation des enseignements », déclare Yves-Marie Vincent, président de l’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale (ISNAR-IMG).

De petites pierres d’achoppement

Alors quels sont les dossiers qui coincent encore ? A en croire Benoît Schlemmer, ils sont mineurs. Il y a d’abord la question des co-DES, ces diplômes dont les premiers semestres d’internat seront communs (exemple : la médecine vasculaire et la cardiologie). A quel moment l’interne devra-t-il choisir l’une ou l’autre des branches de son co-DES ? « Les avis ne sont pas encore convergents », reconnaît Benoît Schlemmer.

Autre pierre d’achoppement : la phase finale de l’internat, « une vraie phase préprofessionnelle où l’interne est en autonomie supervisée », explique l’ancien doyen. Pas facile de trouver un équilibre satisfaisant pour tout le monde sur la question. « Il est possible que cette phase n’ait pas la même durée pour les chirurgiens, les généralistes et les autres spécialistes », lance Benoît Schlemmer sans vouloir en dire plus.

« On a peur que ça n’aille pas jusqu’au bout »

On dirait donc bien que la réforme est sur les rails. D’ailleurs, pour l’ANEMF, la véritable crainte n’est pas celle d’une mauvaise réforme, mais d’une demi-réforme. « On a peur que ça n’aille pas jusqu’au bout, et que dans quelques années, on soit obligés de s’y remettre », précise Maxime Rifad.

Une réforme qui succéderait à une autre réforme ? Voilà qui serait une première dans l’histoire des politiques de santé en France !

 

Lire également ici l'interview complète du Pr. Benoît Schlemmer.

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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