Réforme du 3e cycle : ca se précise

On en voit presque le bout

Après avoir brandi la menace d’une grève, le syndicat des internes (Isni) a été reçu par le ministère vendredi pour discuter des détails de la réforme. Le point sur ce qui se trame.

 

C’est dans les derniers mètres que se joue l’issue d’une course. On en est bien conscient du côté de l’Isni, à l’heure où se décident les derniers détails de la réforme du 3e cycle. Pour autant, le pari du syndicat des internes semble avoir payé : après avoir brandi la menace de grève, le syndicat a semble-t-il réussi à se faire entendre.

« On est dans une démarche positive, on avance sur le texte et on est écoutés », se réjouit Olivier Le Pennetier, président de l’Isni, qui sort d’une réunion au ministère. De haute lutte, le syndicat a négocié une meilleure représentation des étudiants et des hôpitaux de périphérie au sein des commissions chargées de s’assurer du suivi des formations.

Des « tuteurs » en fin d’internat

Concernant les affectations et les validations de stage, les internes ont également obtenu d’avoir voix au chapitre. « Au lieu que ce soit toujours le coordinateur du DES qui prenne la décision, ce sera la commission locale, où les internes sont représentés », indique Olivier Le Pennetier. « Quant à l’ARS, elle ne statuera qu’en dernier recours. »

Autre avancée : il sera prévu qu’un enseignant prenne la responsabilité de « suivre le cursus de l’interne tout au long de son 3e cycle ». Une sorte de tuteur, « qui ne sera pas forcément un universitaire », précise Olivier Le Pennetier.

Pas de FST thrombectomie

Pour la phase 3 de l’internat (voir encadré), on s’oriente vers « une sorte de "Big Match" à l’américaine », poursuit le président de l’Isni. Comprendre : un système de vœux croisés entre les internes et les services hospitaliers. « Tout se passera au niveau régional, avec une remontée au niveau national pour les spé à faible effectif, comme génétique ou neurochirurgie ».

Enfin, la liste définitive des options et des FST a été communiquée, et ressemble beaucoup à la liste provisoire diffusée en décembre. Autrement dit : la chir’ viscérale conserverait son option endoscopie, au grand dam des gastro. La FST thrombectomie (radiologie + neurologie), envisagée par les tutelles, n’aurait en revanche toujours pas montré le bout de son nez. C’est les radio qui seront contents.

Pour la suite du feuilleton de la réforme du 3ecycle, rendez-vous dans quelques jours…

 

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Toi aussi, apprends à causer R3C


La réforme du 3e cycle vise à clarifier la fin des études médicales qui, pour l'heure et de l’avis général, tient du foutoir sans nom. Elle tend à une filiarisation et à une progressivité plus marquées, dont les grandes lignes ont été définies dans le rapport Couraud et Pruvot (2015). C’est le doyen Schlemmer qui est en charge de la réforme.

 

L’internat sera désormais structuré en trois phases :

-       La phase socle (1 an), où le jeune interne acquiert les compétences de base de sa spécialité ;

-       La phase d’approfondissement (2 ou 3 ans, selon la spé), où l’interne approfondit ses connaissances et passe sa thèse ;

-       La phase de consolidation (1 ou 2 ans, selon la spé), où l’interne thésé aura le statut d’assistant spécialiste du 3e cycle et pourra effectuer des remplacements.

 

Par ailleurs, les Desc sont supprimés au profit de deux types de formations :

-       Les options, destinées à développer une surspécialité.

Ex : cardiologie interventionnelle (cardiologie), néonatologie (pédiatrie)…

-       Les formations spécialisées transversales (FST), à cheval entre plusieurs spé.

Ex : soins palliatifs (la plupart des DES), urgences pédiatriques (pédiatrie + médecine d'urgence), etc.

 

Le cadre général de la réforme a fait l’objet d’un décret publié en novembre 2016. Reste encore à en définir les détails, et notamment les maquettes, prévus dans des textes d'application à paraître en mars et en avril. (Si tout va bien.) Les « points chauds » concernent notamment la durée des formations, les formations partagées entre plusieurs spécialités, ou encore le statut d’assistant du 3e cycle.

Source: 

Yvan Pandelé

Portrait de La rédaction

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