Réforme des études médicales : les internes se disputent

ISNI vs ISNAR-IMG

Les internes de l’ISNI poursuivent leur mouvement de grève et réclament un report de la réforme du 3ème cycle des études médicales. Mais pour les internes en médecine générale, pas question de revenir en arrière. L’ISNAR-IMG souhaite son application dès la rentrée 2017.

Après une mobilisation importante le 18 avril, la colère des internes en médecine ne s’apaise pas. A l’issue d’un point étape sur la réforme du troisième cycle organisé le week-end dernier, l’AG de l’ISNI s’est prononcée pour un maintien du préavis de grève.

Le syndicat annonce même une nouvelle mobilisation générale après le second tour des Présidentielles prévu le 7 mai prochain. « L’ensemble des villes seront libres d’organiser, avec le soutien de l’ISNI, des mouvements locaux d’ici là, comme dans les hôpitaux de Nice (mardi), Marseille (mercredi) et Rouen (jeudi) », indique l’organisation dans un communiqué.

L’ISNI pour un report à la rentrée 2018

Et l’ISNI est bien décidée à prendre son temps pour obtenir le texte qu'il souhaite. L’intersyndicale écrit ainsi que « devant les difficultés de mise en place envisagées de la réforme, l’assemblée générale s’est prononcée pour un report de son application à la rentrée 2018-2019 ». 60 % de ses représentants ont voté en ce sens de source syndicale.

Les points de blocage restent les mêmes : des maquettes de spécialités trop floues, et le dossier de la dernière phase de l'internat qui patine. Sur ce dernier point, l'ISNI refuse toujours de voir apparaître le mot « assistant », afin d'éviter le glissement de tâches vers un assistanat obligatoire « déguisé ».

Résultat, malgré le contexte politique bien chargé, l’organisation sollicite une nouvelle fois la solidarité des Français rappelant que « la qualité de formation des internes est synonyme de la qualité des soins ». Pour obtenir ce soutien, l’ISNI rappelle qu’il a ouvert une pétition en ligne (1) sur change.org. Mais depuis le 18 avril, celle-ci a récolté tout juste 3 500 signatures. Pour comprendre ce faible taux de participation, peut-être faut-il aller chercher du côté des autres forces syndicales…

Les internes en MG satisfaits des avancées

Contactés par What’s Up Doc (WUD), les internes de l’ISNAR-IMG défendent, c’est vrai, une application immédiate des textes. Leur porte-parole Stéphane Bouxom confie : « notre position reste inchangée depuis le début des discussions. Nous souhaitons une mise en application de la réforme à la rentrée 2017 ». Et ce dernier de vanter une réforme, certes, « imparfaite », mais « évolutive ». Avec beaucoup d’avancées pédagogiques, selon lui.

Le futur MG cite en premier lieu la mise en place d’un suivi individuel : « chaque étudiant aura un référent pédagogique identifié chargé de l’accompagner personnellement tout au long de son cursus. Il sera désigné par la commission locale de coordination ». En parallèle, Stéphane Bouxom se félicite que l’évaluation régulière de l'interne soit d’ores et déjà acquise : « pour chaque stage, il bénéficiera d’une évaluation en début, en milieu et en fin de stage afin de faire le point sur ses progrès et les points à améliorer ». Enfin, le porte-parole de l’ISNAR-IMG se réjouit de l’arrivée d’un portfolio numérique dans les universités : « sur une plateforme numérique dédiée, tous les étudiant pourront consigner leurs travaux théoriques et tracer l’évolution de l’acquisition de leurs compétences. Dans toutes les universités, il sera consultable par les encadrants », détaille-t-il.

Son syndicat insiste donc pour que le texte soit validé en Conseil d'État d'ici au 1er mai. En attendant, il garde toujours en tête le risque qu’une réforme qui traîne soit tout simplement abandonnée par le futur gouvernement. Cela d’autant plus que le camp d’en face, l’ISNI, saura mettre des bâtons dans les roues à un projet qu’il juge « bâclé ». L’ambiance risque d’être électrique ces prochaines semaines dans les CHU…

(1) https://www.change.org/p/appel-du-18-avril-ne-sacrifions-pas-la-formation-desm%C3%A9decins-et-la-sant%C3%A9-des-fran%C3%A7ais

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

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