L'aviation n'a pas attendu d'avoir des données statistiquement significatives pour rendre les simulations obligatoires pour les pilotes, dans la formation initiale mais aussi sous forme d'une évaluation continue sanctionnante.
La simulation est tout d'abord un enjeu éthique comme le souligne le Pr Friedlander, doyen de la faculté Paris Descartes : « J'ai demandé à un amphi d'externes qui serait prêt à faire sa première ponction lombaire (PL) sur un patient le soir-même, presque tout le monde a levé la main. Puis je leur ai demandé d'imaginer qu'ils étaient ce patient, et que ceux qui seraient toujours prêts à faire la PL relèvent la main. Il n'y avait plus que trois mains levées. »
Les médecins se souviennent généralement de leur première PL, geste simple mais stressant, surtout quand elle est faite sur un patient conscient... Elle est souvent ratée à la première tentative et nécessite de s'y reprendre à plusieurs fois (et en plus il faut rapporter un gâteau le lendemain!). La simulation permet de s'entraîner sans risque et sans pression à ce geste simple (mais ne dispense pas du gâteau).
Simuler, c'est également un enjeu pédagogique : « Les enseignants se plaignent sans arrêt que les étudiants sont sur leurs smartphones pendant les cours, mais il arrive que certains soient en fait en train de vérifier ce que vous dites, ou de demander à Google des explications plus claires ! Il faut faire évoluer les méthodes pédagogiques pour capter et retenir leur attention. » Faut-il donc simuler pour stimuler?
Source:
Sarah Balfagon
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