Politique de prévention à 89 euros

#sacrifice_sanitaire

Les indemnités kilométriques proposées par le Gouvernement aux étudiants en médecine pour les déplacements liés au service sanitaire sont loin d'être suffisantes, s'indigne l'Anemf. Elle veut, beaucoup, beaucoup plus !

Le service sanitaire. Un beau projet, qui semblait rassembler Gouvernement et syndicats étudiants autour d'un objectif commun : le développement de la prévention, organisée par les étudiants en santé (médecine et autres). Et une entente inhabituelle : l'Association des étudiants en médecine de France (Anemf) avait qualifié la mesure de "belle" et "ambitieuse".

On y retourne, trois mois plus tard, après les petits ajustements règlementaires. Et « la coupe est pleine », explique l'Anemf dans un communiqué publié le 1er juin. La belle entente a volé en éclats après l'annonce faite par le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), et la coupe s'est remplie d'un coup. Les indemnités kilométriques ont été arrêtées : 89 euros par étudiant pour près de 30 demi-journées de service sanitaire. Une somme « ridiculement basse », qui « ne permet même pas de financer deux tickets de bus urbain par jour », souligne l'association. Ah oui, au fait : 89 euros bruts, pas nets. Faudrait pas abuser...

Assez pour s'acheter un vélo

Petit rappel sur le service sanitaire pour les étudiants en médecine : il consistera, dès la rentrée 2018, en des stages obligatoires dès la D1, orientés sur la prévention (nutrition, tabac, sexualité, drogues) principalement, auprès d'établissements scolaires ou d'enseignement supérieur, dans les prisons, les centres médico-sociaux, ou les Ehpad.

Les étudiants auront donc à se déplacer par leurs propres moyens. Et compte tenu des zones à couvrir, certains auront du chemin à parcourir. « Faire Dijon-Nevers ou Toulouse-Perpignan sur la moitié des six semaines du service sanitaire avec 89 euros, ce n'est pas possible, l'étudiant devra débourser des frais supplémentaires », estime Yanis Merad, président de l'Anemf.

330 euros par mois, c'est mieux

L'association est colère, face au non respect des engagements pris par le Gouvernement, à savoir que les étudiants n'auraient rien à débourser. « L'Anemf, convaincue que le virage préventif doit faire son entrée dans les études de médecine, déplore l'incohérence totale entre les ambitions et les actions du Gouvernement ». Elle demande une indemnité équivalente à celle des étudiants en 2e cycle, à savoir 130 euros par mois, et une indemnité d'hébergement de 200 euros pendant la durée du séjour. « L'Anemf restera intransigeante », annonce-t-elle. Des négociations sont prévues dans les jours à venir.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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