`A Poitiers, on a des idées pour attirer les jeunes médecins

Vienne que pourra

Cette année, le CHU de Poitiers est avant-dernier au classement What’s up Doc des hôpitaux préférés des jeunes médecins. Jean-Pierre Dewitte, son directeur qui est aussi président de la conférence des DG de CHU, a pourtant des idées pour attirer les praticiens en début de carrière. Rencontre.

What’s up Doc. Poitiers perd deux places au classement des CHU préférés des jeunes médecins, et se retrouve avant-dernier. Qu’est-ce qui pourrait d’après vous expliquer ce résultat ?

Jean-Pierre Dewitte. C’est pour moi difficile à expliquer, car le CHU de Poitiers est assez équilibré et propose toutes les disciplines possibles. Les bâtiments sont quasiment neufs, nous disposons de robots chirurgicaux, d’un centre de simulation important… Je ne pense donc pas que ce résultat soit lié aux équipements ou à la compétence des équipes. Mais il faut reconnaître que nous sommes coincés entre Paris et Bordeaux, c’est pour nous une forte concurrence. Rappelons que nous sommes au 26e rang des CHU pour la taille, il y a peut-être un lien.

WUD. Est-ce important pour vous d’attirer les meilleurs internes ?

JPD. À partir du moment où les internes sont reçus à un concours national, il n’y a pas de raison qu’ils ne soient pas bons. Ceux qui sont dans les tout premiers ont peut-être des profils plus intellectuels. Mais ce qui fait un bon médecin, c’est un mixte entre l’éducation, la formation, le travail… Quand ils commencent leur internat, ils ont encore quatre à cinq ans pour se former. Il faudra juger plus tard.

WUD. De manière plus générale, que peuvent faire les hôpitaux pour attirer les jeunes médecins ?

JPD. Il y a plusieurs choses. D’abord, la rémunération. La différence entre le public et le privé est indéniablement un élément d’attractivité. En début de carrière, le praticien gagne plus dans le privé. Si l’on regarde sur l’ensemble de la carrière, les choses s’égalisent. Et si l’on ajoute la retraite, l’hôpital est plus intéressant. Mais se dire que dans 20 ans, les choses vont s’équilibrer, ce n’est pas acceptable pour les jeunes médecins. Je ne veux donc pas noyer le poisson : il faut augmenter le salaire des médecins dans le public, surtout dans des disciplines où il y a de fortes disparités entre public et privé.

WUD. Cela pèserait sur des budgets hospitaliers déjà très serrés. Est-ce vraiment réalisable ?

JPD. Nous nous sommes déjà battus auprès du ministère, le plan d’attractivité annoncé à l’automne dernier prévoit de nouvelles primes. À nous de faire des économies d’organisation. Il y a parfois des mesures qu’on nous impose, que nous sommes obligés de financer, et qui n’ont pas un intérêt direct pour l’hôpital. Là, avoir des médecins de qualité qui s’investissent dans l’établissement, c’est une dépense qui vaut le coup !

WUD. Mais il n’y a pas que l’argent dans la vie…

JPD. Bien sûr. Les CHU offrent la possibilité d’un véritable travail en équipe. C’est une chose à laquelle les jeunes médecins sont très attentifs. Ils ne veulent plus travailler tout seuls, ils veulent un environnement de travail pluriprofessionnel. Enfin, certains d’entre eux ont une véritable appétence pour la recherche. Il faut mieux valoriser les activités académiques, qui peuvent être des éléments de motivation.

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Propos recueillis par Adrien Renaud

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