Patient amputé des 4 membres après un choc septique : le CHU de Nice échappe (pour l'instant) au million d'euros de préjudice

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Un ancien patient du CHU de Nice, amputé des deux bras et des deux jambes après un choc septique, devra encore attendre avant de savoir s’il sera indemnisé. La juge des référés de la cour administrative d’appel de Marseille a confirmé le refus de lui accorder une provision de plus d’un million d’euros, estimant que la responsabilité de l’hôpital n’était pas, à ce stade, suffisamment établie.

Patient amputé des 4 membres après un choc septique : le CHU de Nice échappe (pour l'instant) au million d'euros de préjudice

© ChatGPT x What's up Doc

 

L’affaire remonte à novembre 2021. L’homme s’était d’abord présenté aux urgences de la polyclinique Saint-Georges, à Nice, pour du sang dans les urines et des douleurs abdominales et lombaires. Un calcul rénal lui avait été diagnostiqué, avant un retour à domicile sous antalgiques, dans l’attente de l’extraction. 

Mais deux jours plus tard, son état s’était brutalement dégradé. Admis aux urgences du CHU de Nice tôt le matin, il avait été diagnostiqué en choc septique. Les médecins avaient engagé une antibiothérapie probabiliste, puis procédé à la désobstruction du calcul rénal par la pose de sondes. 

Une bactériémie à E.coli avait ensuite été identifiée. Selon l’ordonnance de première instance citée par le site Actu Nice, des marbrures sont alors apparues aux quatre extrémités, avant leur nécrose. Celles-ci ont conduit à l’amputation des deux membres supérieurs au niveau de l’avant-bras et des deux membres inférieurs en trans-tibial.

Deux fautes médicales invoquées

Devant la justice administrative, le patient réclamait une provision de plus d’un million d’euros – notamment pour l’adaptation de son logement et de son véhicule –  en attendant l’examen de son dossier sur le fond. 

Ses avocats reprochent au CHU deux fautes : l’administration de corticoïdes « à fortes doses dans un contexte septique » et la réalisation d’une urétro-pyélographie rétrograde, un examen radiologique des cavités rénales, qu’ils jugent contre-indiqué. 

Une expertise ordonnée en 2022 par le tribunal judiciaire de Nice leur donnait en partie raison. L’expert avait conclu à une première « faute médicale » liée aux corticoïdes et à une « faute chirurgicale majeure » concernant l’examen radiologique, estimant que celui-ci avait eu « pour effet de refouler les germes bactériens depuis les urines vers le sang » et donc d’aggraver le tableau septique préexistant, selon Actu Nice.

Selon ses avocats, ces fautes auraient fait perdre au patient « 100 % de chances d’éviter les amputations ». 

Responsabilité encore contestée

Mais le CHU de Nice a produit deux avis médicaux venus contester ou nuancer l’expertise initiale. Selon ces avis, la corticothérapie n’était pas nécessairement contre-indiquée et la prise en charge aurait été conforme aux données actuelles de la science. L’établissement met aussi en avant l’état de santé antérieur du patient, notamment une obésité morbide, une hypertension artérielle et une atteinte athéromateuse, ainsi que le caractère agressif de la bactérie.

La juge des référés de la cour administrative d’appel de Marseille a suivi cette prudence. Dans son ordonnance datée du 19 mars, elle relève que « le centre hospitalier a produit deux rapports critiques circonstanciés de l’expertise », et estime que l'existence d'une dette envers le patient demeure trop contestée pour justifier le versement immédiat d'une provision. 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/prison-pour-un-chirurgien-qui-setait-volontairement-ampute-les-jambes-pour-assouvir-son

Conséquence : l’ancien patient ne touchera pas, pour l’instant, le million d'euros réclamé. La décision ne clôt toutefois pas le dossier : sa demande d’indemnisation doit encore être réexaminée au fond, dans les prochains mois. 

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